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Affaire Sarkozy-Kadhafi: Mediapart répond à Vanity Fair sur les soupçons de faux document

Slate.fr, mis à jour le 13.12.2013 à 14 h 14

Détail de la note publiée par Mediapart

Détail de la note publiée par Mediapart

C'est l'article dont tout le petit monde du journalisme d'investigation parle depuis deux jours. Hervé Gattegno, ancien chef du service politique du Monde et ancien rédacteur en chef du Point, désormais «rédacteur en chef enquêtes/investigation» de la version française du magazine américain Vanity Fair, a signé mercredi 11 décembre un article titré «Soupçons de faux sur le document libyen de Mediapart qui accusait Sarkozy». Il y affirme que les deux juges chargés d'enquêter sur un document publié par le site d'investigation en 2012 ont recueilli des témoignages jetant un doute sur son authenticité, et écrit:

«Après un an et demi de recherches, d’auditions et de péripéties procédurales, les magistrats semblent soupçonner une falsification, au point que le directeur de Mediapart, Edwy Plenel, et les journalistes du site, auteurs de l’article contesté, ont été récemment convoqués et interrogés en qualité de "témoins assistés".»

Le document en question est une note de 2006 de Moussa Koussa, alors chef des renseignements extérieurs de Mouammar Kadhafi, évoquant un versement de 50 millions d'euros de l'ancien dictateur libyen à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Il était une pièce centrale de l'enquête des deux journalistes de Mediapart Fabrice Arfi et Karl Laske, qui l'ont publié en mars 2012 dans un article intitulé «Sarkozy-Kadhafi: la preuve du financement».

L'ancien président avait alors déposé une plainte pour «faux, usage de faux et recel» qui est à l'origine de l'enquête actuelle autour du document. «Ce document est un faux grossier», avait-il alors affirmé, le qualifiant de «diversion» en plein entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2012. «Vous croyez vraiment qu'avec ce que j'ai fait à Khadafi, il m'aurait fait un virement?», a moqué le président dans l'émission Les 4 Vérités sur France 2. Moussa Koussa, en exil au Qatar, avait lui aussi qualifié de «faux» la note.

Hervé Gattegno rapporte notamment le témoignage de l'ancien opposant au régime de Kadhafi, Mabrouck Djomode Elie Guetty, qui a assuré dans sa déposition avoir prévenu les journalistes du site d'Edwy Plenel que le document était faux à la veille de la parution de leur article.

La réponse du fondateur de Mediapart n'a pas tardé, et est arrivée sous la forme d'un billet intitulé «La nouvelle attaque de Nicolas Sarkozy contre Mediapart» dans lequel il écrit:

«Cette fois, le Journal du Dimanche, trop occupé sans doute à la défense de Serge Dassault [...] a cédé la place à Vanity Fair dont un article récent, en violation des règles élémentaires du métier (et notamment du contradictoire, Mediapart n’ayant pas été contacté par son auteur), se fait le relais complaisant de Nicolas Sarkozy, non sans erreurs factuelles sur le déroulement de cette obscure séquence judiciaire.

Mediapart maintient la vérité de ses informations, le sérieux de son enquête et l’authenticité de ses documents.»

Edwy Plenel souligne que Mabrouck Djomode Elie Guetty a participé, une semaine après la publication de l'article, à un «live» de Mediapart où il n'a à aucun moment remis en cause le document. Interrogé par Arrêt sur Images, Fabrice Arfi, un des deux auteurs de l'article original au centre de l'affaire, affirme de son côté que le fameux témoin a tout simplement menti au juge:

«Il a dit qu'il m'avait rencontré avec Karl Laske dans le quartier de Bastille, la veille de la publication de l'article. Or, je n'étais pas à Paris cette semaine-là, j'étais en vacances dans le Sud.»

Affirmation réitérée sur son compte Twitter:

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