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Restos du coeur 2013: non, un partage Facebook ne donne pas un repas

Cécile Dehesdin, mis à jour le 04.12.2013 à 9 h 11

En tout cas, pas cette année. L'article de MarieClaire.fr que vos amis Facebook partagent date de 2012.

Ne partagez pas cette vieille photo!

Ne partagez pas cette vieille photo!

Depuis quelques jours, nos timelines débordent du même lien.

Non, pas celui de la BD de Pénélope Bagieu contre le chalutage en eaux profondes (mais la voilà si vous ne l'avez pas lue).

Un lien vers le site de Marie Claire qui annonce «Les Restos du coeur: 1 partage Facebook = 1 repas offert»:

 

Forcément, ça donne envie au slacktiviste qui sommeille en nous de faire une bonne action d'un simple clic sur le bouton «partager».

Mais cliquez plutôt sur le lien, et vous atterrirez sur un autre article du site de Marie Claire: «Restos du Cœur : un clic contre 2 kg de légumes!»

L'article explique l'initiative du producteur de carottes français Planète Végétal, qui ajoute à ses 110 tonnes de dons de légumes aux Restos du Coeur 40 tonnes qui reposent sur les clics des internautes.

Le tout a son site dédié, où l'on se rend compte au passage qu'il faut légèrement plus qu'un «p'tit clic» puisque, pour être pris en compte, il faut renseigner sa ville, son département, son email, et cocher une case autorisant Planète Végétal à nous envoyer des newsletters.

Qu'est-ce qui se passe? En fait, Marieclaire.fr avait fait un article en 2012 pour une  campagne pour les Restos du Coeur de l'époque, à l'occasion de laquelle Carrefour et Danone s'étaient engagés dans cette histoire d'un partage = un repas.

La version en cache de l'article de 2012, remplacé depuis par la rédaction.

Pour des raisons que l'équipe du site ne s'explique toujours pas, cet article a soudainement été repartagé sur Facebook un an plus tard, ce week-end. Les lecteurs qui allaient sur l'article laissaient de nombreux commentaires sur le fait que c'était une opération de 2012, explique Véronique Fesquet, qui coordonne l'activité de Marieclaire.fr. 

L'équipe a mis à jour le sous-titre de l'article pour souligner qu'il datait de 2012 et a répondu aux commentaires, mais «malgré nos différentes réponses aux internautes sur le fait que l'opération était terminée, ça continuait, les personnes partageaient sans lire le contenu de l'article», poursuit-elle.

La community manager de Marieclaire.fr a donc contacté celui ou celle des Restos du Coeur, pour savoir si une opération équivalente avait lieu cette année, et écrit un article sur celle-ci ce 3 décembre. Marieclaire.fr redirige l'url de l'ancien article (1 partage = 1 repas) vers le nouveau (1 clic = 2 kg de légumes). «On n'a trouvé que ce moyen-là pour amener les gens qui arrivaient sur notre site depuis Facebook vers le bon contenu, puisque ce qu'on disait ne servait à rien», explique Véronique Fesquet.

Ce nouvel article profite du trafic viral renvoyé vers l'ancien, mais la décision n'a pas été prise pour des raisons de référencement, assure-t-elle, mais pour renvoyer les internautes vers une information à jour. La rédaction écrit un article pour expliquer tout ça.

Dans la pratique, si vous «likez» le nouvel article depuis le site de Marie Claire, vos amis verront apparaître le bon:

Mais si vous partagez celui de 2013 que vos amis partagent depuis Facebook, ils verront apparaître le mauvais:

Pour résumer, cette annonce devenue fausse d'un partage Facebook = un repas offert aux Restos du Coeur continuera de tourner tant que les gens partageront des liens sans les lire... Autant dire qu'on n'est pas sortis d'affaire.

Ce retour de buzz irrationnel touche aussi Twitter, où les utilisateurs se sont remis à utiliser le hashtag #restos2012 (il permettait dans la campagne Danone-Carrefour de donner également un repas), sans être apparemment gêné par ce mot-dièse anachronique. Le Community manager des Restos du Coeur l'a d'ailleurs souligné:

Cécile Dehesdin

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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