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Joël Giraud, le député pour qui un complot se cache derrière les nuages

Maïlys Masimbert, mis à jour le 29.11.2013 à 11 h 36

Contrail sunset. Janice Waltzer via FlickrCC License by

Contrail sunset. Janice Waltzer via FlickrCC License by

Quand vous voyez la traînée blanche laissée par un avion dans le ciel, soit vous vous dites «il y a quelqu’un qui pense à moi» comme le veut la coutume, soit vous ne percevez que de la vapeur d’eau en suspension, ou alors vous êtes persuadé(e) qu’on est en train de vous déverser des produits chimiques sur la tête.

C’est en tout cas la théorie à laquelle Joël Giraud, député du Parti radical de gauche des Hautes-Alpes et maire de L’Argentières-la-Bessée, croit dur comme fer. Au point d’interpeller l’Assemblée nationale le 12 novembre pour lui demander de diligenter une enquête sur ce phénomène de «chemtrails».

Ce néologisme est construit à partir de la contraction de deux mots anglais «chemical trails», littéralement «traînée de produits chimiques». Il sert à désigner l’idée selon laquelle «les traînées de condensation qui persistent dans le sillage des avions de ligne ne seraient pas de la vapeur d’eau mais des produits chimiques volontairement répandus», explique StreetPress. Le procédé serait utilisé en géo-ingénierie, une science utilisée pour contrecarrer le réchauffement climatique par des manipulations de l’environnement.

Interrogé par StreetPress à ce sujet, le député explique qu’il ne s’agit pas de toutes les traînées des avions. Certaines disparaissent, mais d’autres non et celles-là «quadrillent le ciel de façon régulière».

«Les quadrillages qu’on trouve sur les grillés aux pommes dans les boulangeries ne doivent pas se reproduire dans le ciel! Et ça ne peut pas être un phénomène naturel puisqu’il est répétitif.»

Selon Joël Giraud, des spécialistes de la géo-ingénierie auraient même approuvé ce genre de théories.

Pas vraiment si l’on en croit un autre article de StreetPress paru en juillet dernier. Pour lutter contre l’effet de serre, il y a bien des possibilités de «vaporisation par avion de particules réfléchissantes dans la stratosphère pour renvoyer les rayons du soleil. Un projet qui pourrait ressembler aux “chemtrails“». Mais Olivier Boucher, présenté comme un des rares spécialistes français de la géo-ingénierie précise:

«Ces expériences ne sont pas du tout à l’ordre du jour. Ce ne sont que des idées uniquement étudiées sur le papier ou lors de simulations numériques.»

La théorie des chemtrails n’est pas nouvelle. Rue89 en parlait déjà sur son site en 2007, précisant que la rumeur a commencé à prendre bien plus tôt aux Etats-Unis, dès les années 1960, avec une accentuation du phénomène dans les années 1980. Relevant plusieurs observations des internautes comme l’accroissement des maladies ou des teneurs en aluminium dans l’eau potable sous le sillage des chemtrails, l'auteure du post, Hélène Crié-Wiesner, «spécialiste française vivant en Caroline-du-Nord», ne semble pas tout à fait insensible à cette théorie du complot.

Mais la palme revient au député Joël Giraud. Quand le journaliste de StreetPress lui fait remarquer que dans Planes, le dessin animé de Disney, des avions passent leur temps à lâcher des chemtrails, l’élu n’hésite pas à y voir une intention délibérée d’accoutumer les enfants à ce phénomène.

«C’est comme pour le coup des timbres avec de la chnouf derrière dans certains pays d’Amérique du Sud. Ils mettaient de la came derrière les timbres comme ça les gamins s’y habituaient à chaque fois qu’ils en collaient.»

Et Joël Giraud de conclure:

«Je n’ai jamais eu peur de passer pour un rigolo. Je pose juste des questions. Si les autres ne veulent pas poser de question, dont acte.»

Maïlys Masimbert
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