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Cannibale des Pyrénées: quel goût ça a, la chair humaine?

Maïlys Masimbert, mis à jour le 26.11.2013 à 9 h 30

Munich, Germany. Jason Paris via FlickrCC License by

Munich, Germany. Jason Paris via FlickrCC License by

Le 15 novembre, à Nouilhan, un village des Hautes-Pyrénées, un ancien militaire a fracassé le crâne d’un vieil homme de 90 ans, avant de lui arracher le cœur et la langue, de les faire revenir à la poêle et de les manger. Des doutes persistaient encore sur l’origine de la viande, ils ont été levés par les enquêteurs ce 25 novembre, il s’agissait bien de chair humaine.

Né à Tarbes, l'homme devenu SDF, disait avoir agi en réponse à des «voix». Il a été interné en hôpital psychatrique le lendemain même du meurtre. 

Il n’est pas le premier à avoir croqué un bout d’humain. D’autres avant lui l’ont fait, et ont même raconté à quoi ça ressemblait, le goût que ça avait. Brian Palmer, un journaliste de Slate.com, s’était déjà penché sur la question au moment de l’affaire Luka Rocco Magnotta, ce Canadien soupçonné d’avoir tué, dépecé et mangé des morceaux du corps de sa victime.

Dans son article, Palmer cite Jungle Ways [Secrets de la jungle], un ouvrage datant de 1931 de William Buehler Seabrook, un journaliste au New York Times. Il y raconte son voyage en Afrique, au sein de tribus antropophages. Son récit donne la description la plus détaillée du goût de la viande humaine. Selon lui, crue, elle ressemble au bœuf. Cuite, voilà à quoi elle fait penser:

«C’était si proche d’une bonne pièce de veau à pleine maturité qu'à mon sens, aucune personne dotée d’un palais ordinaire et d’une sensibilité normale n’aurait pu faire la différence.»

Mais tous ne sont pas d’accord avec Seabrook. En 2010, le Guardian avait mené sa propre enquête. Le goût de la viande humaine se rapprocherait en fait plus du porc que du bœuf. A tel point que dans les années 1920, un Polonais Karl Denke et un Allemand Friz Haarmann, tous deux tueurs en série, auraient réussi à vendre des morceaux de leurs victimes sur les marchés, les faisant passer pour de la viande de porc.

Et là encore, cette opinion ne fait toujours pas l’unanimité. En 2010, celui que l’on appelle «le cannibale de Rouen», qui a tué dépecé et mangé des bouts de poumon de son codétenu, cuits à la poêle avec des oignons, a déclaré trouver le goût plus proche de la viande de cerf. La Tribune de Genève rapportait alors ses propos:

«Ce qui est terrible c’est que c’est bon. Ça a le goût de cerf. C’est tendre. Ce que j’ai fait, j’ai aimé le faire.»

D’après Brian Palmer, de telles différences dans le goût peuvent venir des variantes dans la préparation de la viande ou de l’âge des victimes mangées par les cannibales. Une viande d’enfant serait sans doute moins coriace que celle d’un adulte à cause notamment du développement du collagène.

Et puis il faut garder en tête que «dépeindre une saveur est un exercice très personnel», rappelait Pierre Barthélémy sur Slate.fr. Un exercice «qui rassemble les sensations venant de la langue (saveurs primaires comme le sucré, le salé, l’acide, l’amer, mais aussi la texture, l’onctuosité, etc.), celles venant du nez (car les odeurs sont une composante importante du sens du goût) mais aussi la mémoire de tout ce que l’on a déjà mangé et des circonstances particulières au cours desquelles on a découvert de nouveaux aliments».

Aussi bien, si vous goûtiez vous un peu de chair humaine, vous pourriez bien trouver que ça a le goût d’agneau ou même de veau. Vous savez ce qu'on dit, les goûts et les couleurs...

Maïlys Masimbert
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