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Violences faites aux femmes: le téléphone est une arme... s'il y a quelqu'un au bout du fil

Slate.fr, mis à jour le 25.11.2013 à 14 h 47

Dans la multitude de journées mondiales, le 25 novembre est celle pour l'élimination de la violence faite aux femmes. La ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, en profite pour publier la feuille de route gouvernementale, ainsi qu'un spot vidéo affirmant que pour lutter contre les violences, il faut libérer la parole des femmes:

Elle a aussi tweeté un lien vers la vidéo de l'association Solidarité Femme. 

Intitulée «Le téléphone est une arme», on y voit des femmes en situation de détresse brandir un téléphone ouvert face à leur compagnon agresseur, et celui-ci lever les mains en l'air:

Le tweet comme la vidéo sont louables, mais arrive pile alors qu'un autre spot, de l'association Paroles de femmes, interpelle justement Najat Vallaud-Belkacem sur le problème du 115 (numéro de l'urgence sociale) et du 3919 (numéro dédié aux violences faites aux femmes).

Dans cette vidéo, la directrice de Paroles de femmes Olivia Cattan enchaîne les coups de téléphone pour tenter de trouver un hébergement d'urgence à une femme battue et ses trois enfants. Elle appelle d'abord le 115, un numéro qui permet de trouver des hébergements d'urgence. Toutes les lignes sont occupées. Elle appelle ensuite le 3919. Toutes les lignes sont occupées. Rebelote avec le 115, encore occupé. Elle appelle ensuite une demie-douzaine de centres d'urgence. Ils répondent mais n'ont pas de place ou en ont mais pas pour la famille (parce que les enfants sont trop vieux, parce que l'un d'entre eux est un garçon de 14 ans...).

On lui conseille d'appeler le commissariat, ce qu'elle fait, mais la personne qui lui répond ne comprend pas pourquoi on l'appelle, d'autant que la femme n'a pas porté plainte. La vidéo est d'autant plus accablante qu'elle commence par une intervention de Najat Vallaud-Belkacem en 2012, où la ministre disait entre autres que les victimes peuvent être protégées même sans plainte via les commissariats.

A sa décharge, elle notait elle-même que le dispositif était «très bon» mais «malheureusement pas assez utilisé». Paroles de femmes interpelle également dans un billet le ministre de l'Intérieur Manuel Valls sur le problème de l'accueil et de l'aide aux victimes.

Le plan du gouvernement promet 1.650 solutions d'hébergement d'urgence [PDF], mais d'ici 2017. Il prévoit aussi 350 intervenants sociaux en commissariats et gendarmeries pour mieux accueillir les victimes, soit un doublement de leur nombre d'après le gouvernement.

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