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Abdelhakim Dekhar: pourquoi son ADN n'a-t-il pas parlé avant?

Maïlys Masimbert, mis à jour le 21.11.2013 à 15 h 54

Parce qu'il n'était pas dans le fichier des empreintes génétiques. Ce qui est logique.

A gauche: image de Abdelhakim Dekhar, document France 2. A droite, le suspect des tirs de Libération, image caméra de surveillance

A gauche: image de Abdelhakim Dekhar, document France 2. A droite, le suspect des tirs de Libération, image caméra de surveillance

Adbelhakim Dekhar, l'homme arrêté et mis en garde à vue pour tentatives d'assassinats pour les faits commis à BFM, Libération et à la Société générale (mais aussi «pour des faits d'enlèvements et de séquestration» sur la personne de l’automobiliste pris en otage entre La Défense et Paris) avait fait déjà l’objet d’une première condamnation dans l’affaire Rey-Maupin en 1998. Pourtant l’ADN relevé par la police aux différents endroit où le tireur s'est rendu n’a pas permis de le confondre, tout simplement parce qu’il n’était pas fiché au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg).

La raison est simple. Adbelhakim Dekhar a été condamné le 30 septembre 1998 à la fin du procès Rey-Maupin à quatre ans de prison, soit «exactement à la durée de sa détention provisoire», écrit Libération. «Il sera donc libéré dans la foulée du procès.»

Le Fnaeg quant à lui a été créé le 18 juin 1998 par la loi Guigou, donc peu avant la fin du procès de Dekhar. Mis en place à la suite de l’arrestation du tueur et violeur en série Guy Georges, le fichier était initialement prévu pour ne recueillir que les empreintes génétiques des personnes impliquées dans les infractions à caractère sexuel, a rappelé le procureur François Molins.

Ce n’est qu’au fil du temps, avec des modifications successives que le Fnaeg a pu progressivement être utilisé pour d’autres infractions. Selon la Cnil, le fichier contient maintenant les empreintes génétiques:

  • de personnes non identifiées: empreintes issues de prélèvement sur les lieux d’une infraction
  • de personnes identifiées: personnes condamnées ou mises en cause pour des infractions aussi diverses que crimes contre l’humanité, trafic de stupéfiants, proxénétisme, vol, escroqueries, dégradations ou encore actes de terrorisme (l’article 706-55 du code pénal dresse la liste exhaustive).

Les données sont conservées entre vingt-cinq et quarante ans, en fonction de la raison pour laquelle les empreintes y ont été intégrées. Le nombre de profils génétiques conservés a énormément augmenté, comme le soulignait Pierre Alonso sur Slate.fr:

Chaque empreinte et trace qui permettent d’identifier une personne par son ADN (poils, salive, sang, sperme), prélevées dans le cadre «d’une enquête pour crime ou délit, d’une enquête préliminaire, d'une commission rogatoire ou de l'exécution d'un ordre de recherche délivré par une autorité judiciaire», viennent compléter le fichier.

Si Abdelhakim Dekhar était condamné aujourd’hui pour les mêmes raisons qu’en 1998, à savoir «association de malfaiteurs», son empreinte génétique aurait donc été ajoutée au Fnaeg.

Abdelhakim Dekhar a-t-il pu laisser d'autres traces qui auraient permis de l'identifier?

Selon Jean-Michel Decugis de i>TÉLÉ (qui s'exprimait avant l'arrestation du tireur), la police aurait des empreintes papillaires. Les empreintes papillaires, correspondent aux traces laissées par les doigts et les paumes des mains.

Elles sont donc regroupées dans un autre fichier, le Fichier automatisé des empreintes digitales (FAED). Lui a été créé en 1987, bien avant l’affaire Rey-Maupin dans laquelle avait été impliqué Abdelhakim Dekhar, qui est donc fiché au FAED. Mais explique RTL:

 «Il semble qu'il n'a pas laissé d'empreinte de ce type sur les différentes scènes de crime. C'est pour cette raison qu'il est passé au travers des mailles du filet jusqu'à ce mercredi soir [le 20 novembre].»

Maïlys Masimbert
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