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Tirs à «Libération» et La Défense: les traques finissent généralement dans la violence

Grégoire Fleurot, mis à jour le 18.11.2013 à 19 h 09

Une policière devant le siège de Libération le 18 novembre 2013, REUTERS/Gonzalo Fuentes

Une policière devant le siège de Libération le 18 novembre 2013, REUTERS/Gonzalo Fuentes

Un homme a ouvert le feu, ce lundi 18 novembre, dans le hall du journal Libération avec un fusil à pompe au canon scié selon le quotidien, faisant un blessé grave. Un peu plus tard dans la matinée, un homme armé a ouvert le feu sans faire de blessé dans le quartier d'affaires de la Défense, avant de prendre en otage un automobiliste en lui demandant de l'amener sur les Champs-Elysées puis de prendre la fuite à pied.

Le procureur de la République de Paris, François Molins a affirmé que «des similitudes dans le modus operandi et le signalement» faisaient que «la piste d'un tireur unique est privilégiée». Le ou les suspects sont toujours recherchés par la police ce lundi en fin d'après-midi.

Si l'on ne connaît pas encore avec certitude l'enchaînement précis des évènements dans les deux cas, ni quelle sera l'issue des recherches, les exemples passés nous montrent qu'il n'y a généralement que trois scénarios possibles pour les auteurs de tirs et autres fusillades en public.

La mort sous les balles de la police

Cette issue peu fréquente intervient généralement quand l'auteur ouvre lui-même le feu sur les forces de l'ordre. C'est le cas de la traque la plus marquante de ces dernières années, celle de Mohamed Merah, auteur de trois fusillades contre des militaires et une école juive à Toulouse et à Montauban en mars 2012. Le tueur s'était réfugié dans son appartement de Toulouse où il avait été assiégé par la police, et n'avait pas laissé beaucoup de choix aux forces de l'ordre. Après avoir tiré à plusieurs reprises sur ces dernières et affirmé que la mort de ne lui faisait pas peur et qu'il ne se rendrait pas, il avait finalement été abattu.

Autre exemple resté célèbre, celui d'Audry Maupin, qui a provoqué en 1994, avec sa petite amie Florence Rey, une des fusillades les plus violentes de l'histoire récente de Paris, faisant quatre victimes dont trois policiers. Il est mort sous les balles de la police.

En 2008, un homme qui avait tiré sur des passants à Vichy, tuant une femme et blessant un policier en civil, avait également été abattu par le groupe d'intervention de la police nationale (GIPN), qui l'avait encerclé dans son appartement.

L'arrestation

Tous les forcenés qui ouvrent le feu sur des passants ne sont pas aussi motivés et fanatiques que Mohamed Merah, et il arrive qu'ils soient appréhendés après avoir commis des actes très violents. C'est le cas du jeune Istréen qui a tué trois personnes et en a blessé une autre en pleine rue en avril dernier avec une kalachnikov achetée sur Internet. Traité par des services de psychiatrie par le passé, il s'est rendu sans opposer de résistance quelques minutes après les faits.

Parfois, le tireur ne se rend pas mais la police parvient à le neutraliser. Jean-Pierre Roux-Durrafourt, un cheminot qui a ouvert le feu à la carabine en octobre 2001 dans le centre-ville de Tours, avait tué quatre personnes et en avait blessé sept autres avant de se réfugier dans un parking souterrain. Il avait finalement été touché par une balle tirée par un policier et arrêté.

Le suicide

C'est souvent par un suicide que se terminent les tueries où un homme décide de s'en prendre à des membres de sa famille, cas de figure assez fréquent. C'est aussi l'issue choisie par ce jeune ouvrier licencié qui avait ouvert le feu dans une usine de Besançon et tué six personnes en 1992 ou encore cet homme de 35 ans qui avait tué sept personnes à Sainte-Marie-de-la-Réunion en 1994.

Richard Durn, l'auteur de la tuerie de la mairie de Nanterre en 2002, est lui passé par la case arrestation avant de se suicider. Celui qui a tué huit élus et en a blessé 19 à l'issue d'un conseil municipal a été arrêté après avoir été maîtrisé par d'autres élus présents dans la salle, et a réussi à se suicider le lendemain du massacre lors de son interrogatoire.

G.F.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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