France

Faits divers: méfiez-vous des premières informations dans les médias ou sur les réseaux sociaux

Temps de lecture : 2 min

De l'affaire Merah aux attentats de Boston, les récents gros faits divers regorgent d'exemples d'informations contradictoires ou vite démenties.

Manuel Vallsaux côtés de Bertrand Delanoë; Anne Hidalgo, Nicolas Demorand et Fabrice Rousselot devant le siège de Libération le 18 novembre 2013. REUTERS/Gonzalo Fuentes
Manuel Vallsaux côtés de Bertrand Delanoë; Anne Hidalgo, Nicolas Demorand et Fabrice Rousselot devant le siège de Libération le 18 novembre 2013. REUTERS/Gonzalo Fuentes

En cas de gros fait divers, comme celui qui se produit actuellement à Paris avec l'attaque contre Libération, les coups de feu tirés sur un immeuble de la Société Générale à la Défense et la prise d'otages près des Champs-Élysées, il faut se méfier des informations qui filtrent rapidement, aussi bien dans les médias que sur les réseaux sociaux.

Nous vous l'expliquions déjà récemment en nous appuyant sur une étude réalisée par l'IBM Research Labs de Delhi (Inde) sur 7,8 millions des tweets les plus «populaires» postés lors des attentats du marathon de Boston, en avril dernier. Un travail qui concluait que 29% des messages contenaient des informations fausses ou du spam, 50% des opinions et commentaires et 20% des informations factuelles vérifiées. Les auteurs de l’étude ajoutaient «qu'un grand nombre d'utilisateurs avec une e-réputation élevée et des comptes vérifiés étaient responsables de la dissémination de contenus faux» et aussi que «de nombreux comptes malveillants ont été créés durant l'évènement»: ils en avaient identifié plus de 6.000.

Ce raisonnement vaut aussi, bien entendu, pour les informations qui filtrent dans les médias, souvent parcellaires et contradictoires. Concernant la tenue du suspect présumé des évènements de lundi matin, le site du Monde évoquait ainsi par exemple un homme «vêtu d'un manteau kaki», tandis qu'un témoin cité par BFM TV parlait lui d'une «tenue aux "couleurs vives"».

Idem pour l'épisode de la prise d'otages à la Défense, dont deux versions coexistaient. La première, celle de l'agence Reuters, assure que l'automobiliste «a déclaré à la police qu'un homme l'avait pris en otage à La Défense à la mi-journée et qu'il avait déposé son agresseur près du quartier touristique des Champs-Elysées. Le tireur présumé s'est ensuite échappé à pied». Une version du Parisien dit en revanche que «le forcené a pris le volant de la voiture et a relâché son otage sur les Champs-Elysées avant de s'enfuir».

Le caractère «instable» du flot d'informations qui circule en cas de gros fait divers est régulièrement souligné, aussi bien en France qu'aux Etats-Unis. En dehors des attentats de Boston, on se souvient notamment des erreurs des médias américains lors des tueries de Sandy Hook ou du Washington Navy Yard et, en France, de la quantité d'informations contradictoires diffusées lors du siège de l'appartement de Mohamed Merah.

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