FranceEconomie

Non, la Bretagne n'est pas qu'une région de privilégiés

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 06.11.2013 à 11 h 52

Vakantie Perros Guirec Bretagne Frankrijk /ernohannink via Flickr CC License By

Vakantie Perros Guirec Bretagne Frankrijk /ernohannink via Flickr CC License By

Avec un certain sens de l’à propos, en cette période de mouvement social des «bonnets rouges», l’Insee Bretagne dresse dans sa note mensuelle d’octobre [PDF] un portrait social des bassins de vie bretons.

Alors certes, la Bretagne est moins touchée par le chômage et par la pauvreté que la moyenne des régions françaises, rappelle en préliminaire la note de l’institut. Selon les chiffres du recensement de 2010, le taux de pauvreté y atteint 11,6% contre 14,3% en France hors Ile-de-France, et le taux de chômage 6,9% contre 8,4%.

Source: Insee Bretagne, N° 54 - Octobre 2013. Cliquez sur la carte pour agrandir.

Le tableau social n’est pas idyllique pour autant: l’analyse de plusieurs facteurs de fragilité sociale (pauvreté, insertion sociale et professionnelle, recours aux aides sociales) révèle que cette dernière est «plus marquée dans les Côtes-d’Armor et le Morbihan». Ce qui frappe quand on observe la carte des revenus médians par bassin de vie, c’est d’abord une opposition entre l’agglomération de Rennes aisée à l’Est et, dans l'intérieur des terres à l'Ouest, une zone centrale, autour par exemple de la ville de Carhaix, beaucoup plus pauvre.

Source: Insee Bretagne, N° 54 - Octobre 2013. Les zones en violet foncé sont les plus pauvres, avec un revenu fiscal médian inférieur à 16.000 euros par an. Les zones en rouge sont les plus riches, à plus de 21.000 euros par an.

Mais plus que par départements, l’Insee estime dans son rapport que les disparités économiques s’observent le mieux par bassins de vie. On en distingue trois types.

Les bassins de vie ruraux: moins d’un ménage sur deux y est imposable. Il y a peu de jeunes et le niveau de diplôme des actifs est peu élevé. Ces bassins ruraux se divisent eux-mêmes en deux types de territoires. Les plus touchés forment «une large zone qui entoure, sans l’inclure, le bassin de vie de Carhaix.» «On y trouve […] plus que dans les autres territoires, des ménages où aucun actif ne travaille, des familles monoparentales, des personnes âgées isolées, des ménages non imposables et des logements sans confort. La part de l’emploi agricole y est la plus élevée.»

Source: Insee Bretagne, N° 54 - Octobre 2013. Cliquez sur la carte pour agrandir

Si on compare la carte de ces zones (en violet foncé sur la carte de l’Insee ci-dessus) à celle du Télégramme, qui recense les plans sociaux bretons, on remarque que les deux espaces se superposent assez bien: une partie des sites du groupe Doux, l’entreprise Marine Harvest, Tilly-Sabcot sont situés dans cette zone.

Un deuxième type de bassins forme «un espace intermédiaire ou tampon entre le périurbain et les zones les plus rurales», espace qui se conforme à la moyenne bretonne sur les plans économiques et sociaux (en vert sur la carte).

Les bassins de vie des villes, grandes et moyennes, et de la zone littorale abritent une population hétérogène: c’est là que les disparités entre les revenus sont les plus marquées. Les unités urbaines moyennes (Saint-Brieuc, Lorient, Saint-Malo) «se distingue[nt] des autres unités urbaines par des revenus plus faibles et une part de jeunes non insérés plus forte, aussi élevée que dans les territoires ruraux».

A l’inverse, la première couronne périurbaine autour de ces villes est «préservée», «avec une population à la fois très homogène et peu exposée aux difficultés sociales».

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte