FranceMunicipales 2014

Municipales 2014: le cybersquattage du maire de Cholet

Maïlys Masimbert, mis à jour le 04.11.2013 à 11 h 42

Gilles Bourdouleix, célèbre pour sa sortie contre les Roms, achète les noms de domaine de ses concurrents.

Hôtel de ville – Cholet (Maine-et-Loire). Selbymay via Wikimedia Commons

Hôtel de ville – Cholet (Maine-et-Loire). Selbymay via Wikimedia Commons

Si des doutes planaient encore sur la candidature de Gilles Bourdouleix à sa réélection pour la mairie de Cholet en 2014, il n’y en a maintenant plus aucun. Celui qui s’était tant fait remarquer en juillet dernier avec sa petite phrase assassine sur les Roms («comme quoi Hitler n'en a peut-être pas tué assez»), squatte le web en préparation des municipales.  

L’élu (ex-UMP, ex-UDI) a acheté en octobre des noms de domaines à la pelle, 15 au total rapporte Ouest France (article payant), dont le très révélateur choletmunicipales2014.fr, signe qu’il est désormais prêt à se lancer dans la course. Et parmi les acquisitions de Bourdouleix auprès de Gandi.net, un bureau d’enregistrement de noms de domaines, il y a aussi ceux relatifs aux campagnes électorales de ses concurrents.

C’est ainsi que, pendant un an:

«Philippe Renaudet (Centre) et Jean-Marc Vacher (PS) ne peuvent plus employer les noms de leurs listes respectives, ”Cholet pour tous” et ”Un nouvel élan pour Cholet”, pour leurs sites web.»

Et Bourdouleix ne peut pas dire qu’il n’était pas au courant. Ses concurrents ont dévoilé le nom de leurs listes en septembre dernier, et les achats ont été faits en octobre, comme on peut le voir sur Gandi.net si lorsqu’on vérifie par exemple la disponibilité du nom Choletpourtous.com.

La pratique a un nom: le cybersquattage ou cybersquatting. Elle n’est pas nouvelle, on vous en avait déjà parlé sur Slate.

«L’art du ”cybersquattage” ou ”cybersquatting” consiste à acheter des noms de domaine qui ne vous reviennent pas de droit pour, au choix, revendre très cher ledit nom de domaine à celui à qui il revient, détourner le trafic de son site vers le vôtre ou un autre, ou encore tenter de salir son nom / sa marque avec un contenu pornographique, par exemple.»

Cela avait été le cas lors de la présidentielle de 2012 en France, lorsqu’un petit malin avait déposé le nom de domaine www.hollande2012.com, et que tout clic sur ladite adresse renvoyait automatiquement sur le site de l’UMP.

De même, à la naissance du bébé royal, avant même que petit George pointe le bout de son nez, avant même que son prénom soit annoncé, un acheteur s’est emparé de tous les noms de domaines en se fiant aux estimations des bookmakers, rapportait l’AFP. Si le petit prince veut un jour se créer un site avec ses prénoms, il lui faudra d'abord les racheter.

Pour Gilles Bourdouleix, l’affaire pourrait bien se finir avec un avocat dans un tribunal. La marque Choletpourtous avait été déposée par Philippe Renaudet à l’INPI en juillet dernier. Toute personne qui souhaite utiliser ce nom doit en faire la demande à son propriétaire. Ce que n’a pas fait le maire de Cholet.

Une bourde supplémentaire pour le maire actuel dans sa course à la réélection, après le scandale des questions téléguidées des réunions de quartier et le faux courrier des lecteurs.

Maïlys Masimbert
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