Non, François Hollande n'est pas le président le plus impopulaire de la Ve République

François Hollande. Jean-Marc Ayrault via FlickrCC License by

François Hollande. Jean-Marc Ayrault via FlickrCC License by

Le 29 octobre, que vous ouvriez un journal, allumiez la radio ou surfiez sur Internet, partout les gros titres étaient à peu près identiques à celui de TF1: «François Hollande, président le plus impopulaire de la cinquième République».

Une affirmation qui, telle qu’elle est énoncée, est fausse et qu’il convient de replacer dans son contexte. L’assertion est erronée si elle ne précise pas de quel institut de sondage il s’agit, une nuance importante pointée du doigt par le blog Extimités.

Effectivement, pour BVA qui a annoncé les petits 26% d’opinions favorables, le président Hollande bat tous les records, et l’entreprise l’énonce clairement sur son site:

«Sur notre baromètre BVA, jamais, en 32 ans de mesures un Président n’était tombé en dessous de 30% de bonnes opinions. Sarkozy avait atteint ce niveau, et Hollande tout comme Mitterrand ou Chirac s’en étaient dangereusement approché.»

Ce qui n’est pas le cas chez les autres instituts. Pour eux, l’impopularité de François Hollande est loin d’être exceptionnelle, certains ont même fait pire. Dans un article du Monde daté de mars 2011, on apprend par exemple que, selon TNS Sofres, la cote de popularité du président Sarkozy est «à [son] plus bas historique» atteignant... 22%.

Pour être complètement juste, il faudrait donc comparer ce qui est comparable. En ne prenant en compte que les données de TNS Sofres par exemple. Depuis son élection, l’indice de confiance de François Hollande atteint son minimum en octobre 2013 avec seulement 23%. Ce qui est peu, certes, mais toujours supérieur aux 22% de Nicolas Sarkozy, le pourcentage le plus bas de tout son mandat. Pour le record d’impopularité il faudra donc attendre un peu.

Et pour attendre justement, une infographie réalisée par Le Monde permet de visualiser l’évolution de la cote de popularité du chef de l’Etat et de son Premier ministre, en fonction des différents instituts de sondage.

Si les données chiffrées ne sont en effet pas les mêmes, la tendance, elle, est identique, et elle est à la baisse. Les cotes de popularité chutent de plus en plus vite au fil des mandats, note Alain Garrigou, professeur de science politique sur Le Plus. Les temps sont durs pour les présidents de la Ve République.

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