Municipales 2014 / France

Depuis 2011, plusieurs candidats FN ont été suspendus ou condamnés pour des sorties racistes ou antisémites

Temps de lecture : 2 min

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Dans un reportage d'Envoyé spécial diffusé jeudi 17 octobre, on voit Anne-Sophie Leclere, la candidate du Front national aux élections municipales à Rethel (Ardennes), déclarer à propos de Christiane Taubira «qu’[elle] préfère la voir dans un arbre après les branches que la voir au gouvernement comme ça». En raison de cette attaque, la candidate a été suspendue, a indiqué le secrétaire général du FN, Steeve Briois, dans un communiqué publié vendredi.

Ce n’est pas la première fois, ces dernières années, que le parti frontiste est amené à prendre une telle décision vis-à-vis d'un de ses candidats. «La mise en pratique de la dédiabolisation va également passer par une mise à l'écart des militants les plus radicaux», écrivent les journalistes Dominique Albertini et David Doucet dans leur récente Histoire du Front national. Voici quelques exemples récents:

  • Alexandre Gabriac, élu régional du FN en Rhône-Alpes et candidat au second tour des cantonales à Grenoble, est suspendu le 25 mars 2011, entre les deux tours, pour avoir été photographié faisant le salut nazi devant un drapeau frappé de la croix gammée.
  • François Chatelain, candidat aux municipales à Neuville-en-Ferrain (ville du Nord où Marine Le Pen est arrivée deuxième au premier tour de la présidentielle), est suspendu en septembre 2013 pour avoir publié sur sa page Facebook des propos et images antisémites et xénophobes.

Jacques Coutela, lui, a pu être candidat dans l’Yonne aux cantonales de mars 2011 (il a échoué au premier tour) avant d'être suspendu quelques mois plus tard pour avoir posté sur son blog des propos faisant l’apologie d’Anders Breivik, le responsable de la tuerie d’Utoya —pour des faits similaires, un membre du bureau politique du parti, Laurent Ozon, avait lui aussi perdu sa place.

Il est aussi arrivé qu’un candidat soit radié… avant d’être (ré-)investi. Stéphane Poncet a ainsi été candidat frontiste aux législatives dans le Rhône alors que, quelques mois avant, en mars 2012, Marine Le Pen annonçait au Grand Journal de Canal+ lui avoir retiré l’investiture suite à la publication sur son blog de caricatures polémiques.

Julien Sanchez, conseiller régional FN en Languedoc-Roussillon et candidat aux municipales de Beaucaire, vient lui d'être condamné en appel à payer une amende de 3.000 euros pour avoir «hébergé» sur sa page Facebook, en octobre 2011, des commentaires à connotation raciste à l’encontre notamment de la communauté musulmane. Il est toujours soutenu par Jean-Marie Le Pen, dont il anime le journal de bord.

Laszlo Perelstein

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