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Comment fait-on les bébés en France? Le rapport 2012 de l'Insee sur les naissances

Laszlo Perelstein, mis à jour le 23.06.2015 à 10 h 05

Des bébés en abondance.. Stephan Ridgway Flickr CC License by.

Des bébés en abondance.. Stephan Ridgway Flickr CC License by.

L'année dernière, la France a compté 821.427 nouveaux nés, nous apprend l'Insee dans un rapport, «Statistiques d'état civil sur les naissances en 2012», rendu ce mois-ci. Nous avons gardé quatre conclusions tirées de l'étude de ces chiffres, qui témoignent des changements opérés en France ces vingt dernières années.

1.Accoucher à domicile n’est pas aussi dangereux que certains pourraient le croire

Très à la mode après la Seconde Guerre mondiale, les accouchements à domicile sont aujourd’hui peu pratiqués. Les établissements non spécialisés ne totalisent que 3% des naissances d’enfants en vie mais comptent 17% des enfants mort-nés. Malgré les risques connus de l’accouchement à domicile, «seuls» 3,18% des enfants nés à domicile décèdent prématurément, soit «seulement» 3 fois plus que dans un hôpital ou une maternité. L’on reste bien loin toutefois des risques que connaissent les Etats-Unis avec les accouchements à domicile: les probabilités d’avoir un enfant mort-né y sont dix fois plus importantes que lors d’un accouchement classique.

Les accouchements non-déclarés sont de facto les plus dangereux. Ils ne représentent qu’à peine plus d’une naissance sur 100, mais totalisent 14,6% d’enfants mort-nés. Il y a presque 10% de chance que l’accouchement se passe mal s’il n’a pas été déclaré. 

2. La Seine-Saint-Denis, terre d’accueil

Entre 1994 et 2012, la part des enfants nés de deux parents étrangers a diminué très légèrement, passant de 7,64% à 7,38%.

Au niveau des enfants nés de parents français, une baisse de l’ordre de 2% par rapport à 1994 a également été enregistrée.

De plus en plus, un des parents est de nationalité étrangère (14%). Le phénomène est accentué en Ile-de-France où il concerne plus d’un enfant sur quatre (26% pour les pères, 27% pour les mères).

La France est bien une terre d’accueil mais de façon très localisée. En Seine-Saint-Denis, la mère de près d’un enfant sur deux (49%) a vu le jour à l’étranger. Ce département est le seul où dans moins de la moitié des cas les nouveaux parents sont tous les deux Français. L’inverse peut être observé en Vendée, où ils sont 96,07% dans ce cas. A quelques exceptions près (essentiellement l’Ile-de-France et ses environs), les départements situés près des frontières sont ceux qui connaissent le moins de nouveaux parents franco-français.

Source: Insee, statistiques de l'état civil.

3. Des parents toujours plus vieux

C’est indéniable, les couples attendent plus avant d'avoir des enfants. En 1994, les mères de 25 ans à 29 ans représentaient 38% des accouchements, contre 30% aujourd’hui. Les naissances se sont décalées vers les catégories plus âgées. A présent 55% mères qui ont enfanté en 2012 sont âgées de 30 ans ou plus, elles n’étaient que 42% en 1994.

Naissances en 2012 en fonction de l'âge des parents. (En bleu l'âge de la mère, en rouge l'âge du père.) Source chiffres: Insee. Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Avec le prolongement des études d'un côté et malgré l’allongement de la durée de cotisation pour la retraite de l'autre, il est fort probable que les nouveaux nés de cette génération commencent à travailler quand leurs parents arrêteront.

4. En octobre, on célèbre les feuilles mortes et les bébés

Si auparavant on pouvait dire qu’en mai, tout le monde prénomme son bébé, ce n’est plus autant le cas aujourd’hui. Le mois du muguet perd sa place sur le podium en termes de naissances et n’est plus que le 4e mois le plus fécond en 2012. (De quoi réjouir ceux qui se lassaient de fêter leur anniversaire le même jour que tant d’autres.) Un phénomène de longue traîne puisqu’au cours des 20 dernières années, les mois les plus féconds ont changé. Alors qu’ils correspondaient traditionnellement au printemps, au début de l’été et aux jours de plus en plus longs (avril à juillet), ils sont maintenant synonymes de rentrée des classes, de perte de luminosité et de feuilles mortes (août à octobre). 

Si un tel changement a lieu, ce n’est pas parce que les parents préfèrent l’obscurité pour leurs bambins (la génération Twilight n’est pas encore en âge de procréer...) mais qu’ils conçoivent de plus en plus souvent au moment de fêtes de fin d’année

L.P.

Laszlo Perelstein
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