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Les Champs-Elysées, cette avenue «vulgaire, chère et ringarde» que les Parisiens évitent

Temps de lecture : 2 min

Les Champs-Elysées le 29 novembre 2006, REUTERS/Charles Platiau
Les Champs-Elysées le 29 novembre 2006, REUTERS/Charles Platiau

Il fut un temps où les Champs Elysées étaient cette belle avenue où les Parisiens venaient flâner sous les platanes, prendre le café, rencontrer des amis et faire du lèche-vitrines devant les magasins de luxe.

Un tableau à des années lumières des Champs Elysées d’aujourd’hui, une artère «vulgaire, sans style, chère et ringarde». Ce verdict sévère et nostalgique ne vient pas d’un des candidats à la mairie de Paris, mais de Hugh Schofield, correspondant de la vénérable BBC à Paris depuis près de 20 ans et lui-même une petite institution pour les britanniques qui s’intéressent à la France et à sa capitale.

Schofield aime Paris, mais s’inquiète régulièrement pour elle, comme quand il soulignait en 2012 la morosité criante de la ville en contraste avec le dynamisme londonien, ou quand il voyait dans la baisse de la consommation de vin dans le pays un possible signe avant-coureur du déclin de la civilisation française.

Cette fois-ci, c’est donc l’autoproclamée «plus belle avenue du monde» qui fait l’objet de son attention, ou plutôt de son aversion:

«La plupart des Parisiens ne vont pas aux Champs-Elysées (sauf peut-être à Noël pour voir les lumières). Ils savent que l’avenue est noire de monde, stressante, trop chère, bref un endroit où les gens qui ne sont pas de la ville viennent contempler un Paris imaginaire qui n’existe pas.»

Pire, ce sont les tous les symboles des dérives de la société de consommation hédoniste que l’on y retrouve aujourd’hui selon lui, des voitures sportives de luxe couleur fluo à la «cocaïne, la violence et la musique électronique jouée à plein tubes»:

«La rue de Ponthieu par exemple, cette petite rue qui part de l’avenue et qui, malgré les origines que son nom romantique puise dans un duché du nord de la France qui était jadis l’apanage des rois médiévaux d’Angleterre, abrite aujourd'hui une rangée de boîtes de nuit fréquentées par des footballeurs, des banlieusards qui ont fait fortune dans la drogue et les escort girls.»

L'ancien élève d’Oxford n'est pas le premier à juger sévèremment l'évolution des Champs-Elysées, qui semble perturber plus particulièrement les journalistes anglo-saxons. Le New York Times comparait ainsi l’avenue à un «centre commercial» envahi par les enseignes américaines et faisant fuir les Parisiens.

«Ce n’est plus un endroit pour les Parisiens», y expliquait ainsi l'éditorialiste des Echos Jacques Hubert-Rodier. Un désamour que confirmait Céline Orjubin, écrivaine bretonne qui s'est installée à Paris:

«Les Champs-Elysées, c'est une avenue qui n’existe pas dans l’esprit des Parisiens, en tout cas qui ne fait pas partie de leur vie quotidienne.»

Une chose est sûre: en râlant contre les banlieusards pas assez sophistiqués des Champs-Elysées, Hugh Schofield est devenu plus Parisien que les Parisiens.

Slate.fr

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