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Cécilia Attias: l'interview promo «Une envie de vérité» remixée

Cécile Dehesdin, mis à jour le 04.05.2015 à 15 h 42

Comme tout acteur ou chanteur en plein exercice de promotion l’a déjà vécu, l'ex-madame Sarkozy se retrouve à répondre à pas mal de questions similaires. Et donne du coup pas mal de réponses similaires. Slate vous évite d'avoir à lire toutes les interviews grâce la «méta-interview».

Cecilia Attias à Doha le 11 décembre 2012. REUTERS/Fadi Al-Assaad

Cecilia Attias à Doha le 11 décembre 2012. REUTERS/Fadi Al-Assaad

Pour la sortie de son livre Une envie de vérité (en librairie le 9 octobre), Cécilia Attias, l’ex-épouse de Nicolas Sarkozy et ex-Première dame, a une stratégie de com’ serrée. Après les bonnes pages diffusées dans Le Point le jeudi 3 et l’interview dans Elle le jeudi 4, elle a déjà donné quatre autres entretiens (au Parisien, à la Tribune de Genève, à 24heures.ch, à Pascale Clark sur France Inter), et on n’en est qu’au lendemain de sa sortie.

Comme tout acteur ou chanteur en plein exercice de promotion l’a déjà vécu, elle se retrouve à répondre à pas mal de questions similaires. Et donne du coup pas mal de réponses similaires.

Alors, tentons notre premier exercice de méta-interview, un remix des questions et des réponses, avec Cécilia Attias dans ces cinq médias. Passez votre souris sur les phrases de la méta-interview pour voir s'afficher les couleurs correspondants aux différents médias.

Vous pouvez aussi appuyer sur le joli bouton ci-dessous pour faire apparaître et disparaître toutes les couleurs d'un coup.

Les questions, elles, sont de Slate.

Pourquoi ce livre, et pourquoi aujourd’hui?

«J’ai toujours aimé écrire. J’ai toujours eu ça en moi. J'ai accumulé beaucoup d'écrits personnels. Il fallait que mes émotions, mes souvenirs sortent un jour, même si j’ai conservé une nature discrète et réservée. J’ai d’abord écrit à la main, toute seule, avant de me mettre à l’ordinateur. Disons que le moment était venu. J’ai voulu défendre mes idées, parler des valeurs auxquelles je crois, à travers le récit de ma vie, une vie de femme. Et dire les choses telles que je les avais vécues. J’ai voulu raconter une vie, j’ai eu pas mal d’expériences, j’ai connu pas mal de gens, je trouve que j’ai eu la chance de naître du bon côté de la rue, ça m’a permis quand même de rencontrer des gens exceptionnels. J'avais envie de raconter ce passage, 55 années sur cette belle Terre que nous vivons. Ce livre, je le portais en moi. Il fallait que le public puisse connaître ma vérité.»

Nicolas Sarkozy a-t-il lu le livre et qu’en a-t-il pensé?

«Il savait que l’idée était dans l’air. Depuis toujours, il m’a encouragée à écrire parce qu’il trouve que j’ai un petit style. Il sait que j’aime écrire. J’ai même écrit quand il était au ministère de l’Intérieur, j’ai plein de pages qui traînent quelque part et n’ont jamais été exploitées. Il a eu mon livre juste avant la parution. Je le lui ai envoyé, j’ai eu un coup de fil, il m’a souhaité bonne chance, je pense qu’il l’a lu, je crois qu’il a aimé. Il m’a appelée pour me féliciter et me souhaiter bonne chance. Mais, quel que soit l’accueil réservé à ce livre, je sais qu’il ne le dérangera pas. Je suis partie à un moment gênant pour Nicolas, mais je n’ai jamais voulu l’embarrasser. Ni avant ni maintenant.»

A quand une entrée en politique?

«Oh, là ! Ça… On ne peut pas rester indifférent à la chose politique. Quand on aime son pays, on aime la politique. Je ne peux pas rester insensible au problème du chômage, de l’économie, de l’insécurité. Donc un jour, pourquoi pas s'engager. J’ai envie que les Français retrouvent le moral, le goût du travail bien fait. On a plein d’atouts. Ça me fait mal au cœur de constater cette forme de déprime qui persiste chez nous. La France me rend triste. Quand je reviens dans mon pays, j’ai l’impression qu’on a éteint la lumière. La France s’est éteinte comme une lumière. La lampe est belle mais la lumière n’est pas allumée, n’est plus allumée. [J’ai] une envie de voir mon pays se réveiller à nouveau, avoir envie, avoir envie pour eux. Je n’aime pas les clivages, il y a des gens remarquables à droite comme à gauche. En 2004, Nicolas a voulu que je me présente aux régionales. On a dit que c’était moi qui voulais, mais non, c’était lui. Mais j’ai refusé, pour mes enfants. C’est un métier très dur, je le répète.»

Votre moment le plus glorieux, c'était la libération des infirmières bulgares?

«Le jour où je m’en irai, je pourrai dire: “J’ai sauvé six vies.” Cinq femmes et un homme. C’était une aventure. Sans aucun doute le moment le plus fort de ma vie. Très intense. J’ai passé quarante-cinq heures à négocier avec Kadhafi, ses ministres, ses émissaires. Je n’ai pas dormi. J’ai essayé de mettre tout ce que j’avais en moi pour les sortir de là. Je pensais vraiment que je pouvais faire une différence, parce qu’on peut pas laisser mourir des gens comme ça. J’ai eu l’impression immédiate d’avoir affaire à un type drogué, sous médicaments, quelqu’un qui échappait à tout contrôle. En tout cas [un type] qui m’a écoutée et qui m’a entendue puisqu’il me les as rendus. Finalement, on a pu sauver ces cinq femmes et le médecin palestinien qui étaient séquestrés depuis neuf ans. J’ai essayé de ne pas me laisser ni influencer ni apeurer, et de lui dire avec mes tripes, "maintenant je suis pas là pour négocier, je suis là pour les ramener avec moi parce qu’aujourd’hui il y a des choses qui ne sont justes pas acceptables". Il fallait avoir un grain de folie, une part d’inconscience pour tenter ce coup de force. Mais ça a marché. Lorsque j’ai regagné la France, je n’ai pas souhaité conserver des contacts avec elles. Il fallait qu’elles se reconstruisent après l’épreuve qu’elles avaient subie. Il en est allé de même avec le médecin palestinien. Nous devions tourner la page. Pour lui, pour elles, mais aussi pour moi. J’en avais besoin après avoir traversé cette crise libyenne.»

Quelle influence aviez-vous réellement sur Nicolas Sarkozy?

«Je tiens à dire que Nicolas n’avait pas besoin de moi. Ce n’est pas de la modestie, c’est la réalité. Mais la vie politique, c’est si difficile qu’il vaut mieux être deux. Ça ne veut pas dire que je l’influençais. Il m’écoutait, mais il en écoutait aussi beaucoup d’autres et il prenait ses décisions seul. Mon vrai rôle, c’était de faire en sorte qu’il ne soit pas isolé. Le pouvoir isole trop. On a tous besoin du regard des autres, et surtout quand on est dans ce monde politique on est un peu dans une bulle, donc c’est un peu de l’air de l’extérieur qu’on peut apporter lorsqu’on vit aux côtés d’un homme politique qui a des responsabilités à ce niveau là.»

Propos recueillis par Jean-Noël Cuénod, Marion Moussadek, Pascale Clark, Florence Besson, Frédéric Gerschel, remixés par Cécile Dehesdin

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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