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Quand Noël Mamère, qui vient de quitter les Verts, lisait du Prévert à la télévision

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 25.09.2013 à 16 h 01

Noël Mamère en 1981. Source: INA

Excédé par la mainmise de Cécile Duflot «et de ses amis» sur Europe Ecologie-Les Verts, regrettant que le parti soit «prisonnier de ses calculs et de ses clans» et ne «produi[se] plus rien», le député-maire de Bègles et candidat écologiste à la présidentielle 2002 Noël Mamère annonce ce 25 septembre qu'il rend sa carte. «La manière dont il a été traité est humiliante», affirme-t-il au Monde à propos de Pascal Durand, actuel secrétaire national du parti poussé à la démission.

«A se soumettre et à chercher des arrangements, il ne faudra pas s'étonner si notre électorat nous couvre de goudron et de plumes», prophétise par ailleurs Noël Mamère en évoquant les prochaines échéances électorales...

Ce départ fracassant est l'occasion de revoir une amusante petite vidéo de l'homme politique, qui a commencé sa carrière en tant que journaliste, notamment comme présentateur des journaux télévisés d'Antenne 2 dans les années 1980. En 1981, dans une émission présentée par Paul Amar, Mamère lisait un poème de Jacques Prévert, Les Enfants de bohème, qui raconte la relation tumultueuse qui unit un homme à son chien.

On pourrait, avec un peu d'imagination et de mauvaise foi, y voir une préfiguration des relations entre le Parti socialiste et son «allié» écologiste au gouvernement.

Extraits:

«Un homme avait un chien
un chien qu'il appelait
Amour
l'homme lui donnait à manger
le chien le léchait
l'homme caressait le chien»

Après, l'homme mange le chien, mais le fantôme du chien revient et mange l'homme à son tour. Puis s'en va. A noter que le chien s'appelle Amour. Voici les derniers vers du poème:

«Amour dans la ville
à la recherche d'un autre maître
amour pour faire le beau
amour pour se faire caresser
amour pour se faire battre
amour pour se faire tuer
amour pour dévorer
dévorer
dévorer.»

A vous de décider qui est le chien, qui est le maître et surtout où est l'amour. Vous avez trois heures.

Jean-Laurent Cassely

Jean-Laurent Cassely
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