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Un mois avant l'accident, la SNCF remettait en état un aiguillage à Brétigny-sur-Orge

Margaux Leridon, mis à jour le 12.07.2013 à 22 h 45

Un défaut de nivellement avait été détecté fin juin sur un des aiguillages de la gare. Mais selon la SNCF, ce dernier ne se trouvait pas sur la voie où a eu lieu l'accident.

Capture d'écran de la vidéo de présentation SNCF sur les travaux de l'aiguillage de Brétigny.

Capture d'écran de la vidéo de présentation SNCF sur les travaux de l'aiguillage de Brétigny.

Dans la nuit du 23 au 24 juin 2013, moins d’un mois avant le grave accident de Brétigny-sur-Orge, la SNCF terminait la remise en état d'un aiguillage dans cette gare, nécessaire à la circulation des RER C, après s'être rendue compte d’un défaut de nivellement majeur. La direction de la compagnie a cependant affirmé à l'AFP, vendredi 12 juillet au soir, quelques heures après la catastrophe, que cet aiguillage ne se trouvait pas sur la voie concernée par l'accident:

«Il y a quatre voies principales au niveau de la gare de Brétigny, et les travaux ont été faits sur une autre voie que celle où a déraillé le train, cela n'a rien à voir.»

François Hollande avait auparavant déclaré qu'il «n'y avait pas eu de travaux ces derniers jours, donc ce n'est pas un ouvrage qui aurait été abîmé au cours de ces travaux».

Anomalie sur un aiguillage complexe

Tout commence le 24 mai, quand le service de maintenance se rend compte d’une anomalie sur une «traversée jonction double» (TJD), un aiguillage très complexe qui permet un changement de voie ou de traverser une voie. Il y en a cinq à Brétigny et c'est sur le plus sollicité d'entre eux qu'un risque de déraillement a été détecté.

Après expertise, la SNCF a compris que les dégâts étaient importants et que les travaux allaient être «longs et compliqués», comme l’explique un agent de la compagnie dans cette vidéo, qui retrace les différentes étapes des travaux.

Pour des raisons de planning, elle décide d’agir vite, de «faire les choses en grand» et de remettre un panneau de voie neuf, sachant que le remplacement total de la traversée de jonction double aurait duré quatre à six mois. Elle choisit donc d’enlever le ballast et les traverses, d’en installer de nouvelles (et pour cela de les faire fabriquer sur mesure), de tout niveler et de remettre en place la géométrie des voies. Le trafic a repris 48 heures après la fin des travaux, au terme d’un mois d’interruption de l'utilisation du mécanisme.

Les autres TJD avaient été favorablement évaluées, mais en raison de leur âge (30 ans, durée maximum de fiabilité pour ce type de matériel), il était prévu de toutes les remplacer dans le cadre des travaux de modernisation du noeud de Brétigny, qui devaient commencer en 2016.

Margaux Leridon
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