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Christine Boutin, la surprise des européennes 2014?

Florian Reynaud, mis à jour le 11.07.2013 à 16 h 45

Le FN en 1984, les Verts en 1989 et 2009, Tapie et de Villiers en 1994, les chasseurs et le duo Pasqua/de Villiers en 1999... Les européennes sont un scrutin propice aux percées étonnantes.

Christine Boutin, le 23 avril 2013 à Paris. REUTERS/Jacky Naegelen.

Christine Boutin, le 23 avril 2013 à Paris. REUTERS/Jacky Naegelen.

Un malaise, des manifestations, une démission... et bientôt une élection? L'année est décidément chargée pour Christine Boutin, qui a annoncé, jeudi 11 juillet, le lancement d'un collectif en vue des élections européennes de 2014, où l'on trouve, comme l'explique Le Lab, la dirigeante du Printemps français Béatrice Bourges, l'ex-MPF Patrick Louis et l'ex-FN Jean-Claude Martinez, tous mobilisés pour défendre «la famille» et «la vie».

La veille, celle qui a été une des figures de proue de la lutte contre le mariage pour tous avait annoncé qu'elle quittait la tête du Parti chrétien démocrate (PCD). Charles-Henri Jamin, qui a fait partie de son cabinet en tant que ministre, prendra la présidence par intérim du parti, dont Christine Boutin restera adhérente. «Christine Boutin se met en congé du parti pour partir sur un projet européen assez vaste autour de la défense de la famille et des valeurs morales. Elle a décidé de ne pas y mêler le PCD car c'est un peu trop "monothématique"», a expliqué un membre du PCD à l'AFP.

Malgré son poids politique relativement faible (elle n'avait recueilli que 1,2% des voix à la présidentielle 2002 et l'Assemblée ne compte qu'une poignée de députés «boutinistes»), Christine Boutin peut espérer réussir une percée l'an prochain. En effet, les élections européennes sont, depuis plusieurs décennies, le scrutin de toutes les surprises. L'occasion, pour des formations politiques peu connues ou représentées au niveau national ou des candidats «atypiques» ou marginaux au sein de leur camp, de s'imposer. Petit rappel historique.

Le déboulé du Front (1984)

Après une percée aux municipales de 1983, le FN s'impose aux européennes de 1984: avec, évidemment, Jean-Marie Le Pen pour tête de liste, le parti décroche pas moins de dix sièges au Parlement, avec 10,95% des suffrages exprimés. L'ancien président de la formation d'extrême-droite a annoncé en mars dernier sa volonté de participer, à 84 ans, à l'échéance de 2014.

La Une de Libération du 18 juin 1984

Les trois percées des Verts (1989, 1999, 2009)

Tous les dix ans, les Verts réussissent un bon score aux européennes. En 1989, la liste emmenée par Antoine Waechter obtient 10,59% des voix et 9 sièges: c'est le premier gros score des Verts à l'échelle nationale. Après une éclipse, le parti frôle encore les 10%, cette fois-ci avec Daniel Cohn-Bendit à sa tête, en 1999. Enfin, en 2009, les listes EELV, avec notamment Eva Joly comme nouvelle tête d'affiche, dépassent les 16% et manquent de peu battre le PS, qui est largement devancé par son concurrent à gauche en Île-de-France.

Bernard Tapie et l'autre Charles de Gaulle (1994)

En 1994, la présence d'une liste des radicaux de gauche emmenée par Bernard Tapie pénalise très fortement Michel Rocard: avec 12%, l'ancien ministre de la Ville de François Mitterrand et Pierre Bérégovoy manque de peu devancer l'ancien Premier ministre socialiste (14,5%). Parmi les treize élus de cette liste, on trouve notamment l'actuelle ministre de la Justice Christiane Taubira et Noël Mamère, à l'époque président de Convergences écologie solidarité, qu'il venait de fonder en quittant les Verts.

Les européennes de 1994 sont également celles qui permettent à Charles de Gaulle de devenir député européen: le petit-fils du Général est élu sur la liste Majorité pour l'Autre Europe, emmenée par Philippe de Villiers, qui dépasse lui aussi les 12%.

Des chasseurs et un duo (1999)

Créé en 1989, Chasse, Pêche, Nature et Traditions n'obtient aucun siège aux européennes de 1994 et ne présente pas de candidat à la présidentielle de 1995. Mais la donne change aux européennes de 1999: emmenée par Jean Saint-Josse, la liste du parti rafle six sièges avec 6,77% des voix, juste derrière la liste communiste de Robert Hue. Soit moitié moins que Charles Pasqua et (une nouvelle fois) Philippe de Villiers, qui créent eux la surprise en dépassant les 13%, devançant de peu la liste RPR/DL d'un certain Nicolas Sarkozy...

Florian Reynaud

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