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Eviction de Delphine Batho: une mauvaise nouvelle pour l'écologie... et la parité gouvernementale

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 02.07.2013 à 19 h 30

Delphine Batho, le 21 mars 2013 à Alfortville. REUTERS/Jacky Naegelen.

Delphine Batho, le 21 mars 2013 à Alfortville. REUTERS/Jacky Naegelen.

François Hollande a mis fin, mardi 2 juillet, «sur proposition du Premier ministre», aux fonctions de la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l'Energie Delphine Batho. Celle-ci avait déploré, le matin même sur RTL, que le budget de son ministère, en baisse de 7%, soit «mauvais», avant d'être convoquée par Matignon dans l'après-midi, rendez-vous annoncé par les services du Premier ministre d'un tweet lapidaire.

Elle est remplacée à son poste par le député du Gers Philippe Martin, un proche de Laurent Fabius, membre de la commission du Développement durable et de l'Aménagement du territoire à l'Assemblée nationale.

Si cette annonce ne constitue évidemment pas une bonne nouvelle pour l’écologie (qui perd pour la seconde fois en un an son ministre de manière brutale après Nicole Bricq, victime de ses positions sur les forages pétroliers en Guyane) ni pour les écologistes (Batho avait été défendue par le secrétaire national d’EELV Pascal Durand, par les présidents du groupe écologiste à l’Assemblée nationale et au Sénat François de Rugy et Jean-Vincent Placé, par l’ancien candidat Vert à la présidentielle Noël Mamère ainsi que, de manière plus indirecte, par sa consoeur du gouvernement Cécile Duflot), elle ne constitue pas non plus une bonne nouvelle pour... la parité.

Le gouvernement compte en effet désormais, en dehors du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, 19 ministres hommes et 18 ministres femmes. Lors de sa formation, en juin 2012, il comptait 19 ministres de chaque sexe, en application d’une promesse de campagne du candidat Hollande.

Fin mars 2013, les femmes étaient devenues majoritaires après la spectaculaire démission de Jérôme Cahuzac à la suite de l'ouverture d'une information judiciaire dans l'affaire, depuis confirmée, de son compte en Suisse. A l'époque, le remaniement s'était en effet fait en interne, sans entrée d'un nouveau ministre, ce qui n'est pas le cas cette fois-ci avec l'entrée de Philippe Martin. De non-paritaire en faveur des femmes, le gouvernement devient donc non-paritaire en faveur des hommes –ce qui est une habitude dans la vie politique française...

Réagissant au départ de Delphine Batho sur BFM TV, Jean-Vincent Placé a d'ailleurs lié écologie et parité, deux sujets qu'il estime malmenés par le gouvernement:

«Deux femmes, je note, on vire les femmes, c'est plus facile, probablement! Et on vire les deux ministres de l'Ecologie.»

Après la démission de Jérôme Cahuzac, François Hollande avait trouvé la force de blaguer sur le sujet lors d’un discours à l'occasion du forum des femmes francophones:

«Un gouvernement strictement paritaire? Non, il ne l'est plus. Puisque, hélas, un membre nous a présenté sa démission. Et nous ne l'avons pas remplacé ce qui fait que dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault il y a aujourd'hui plus de femmes que d'hommes. Mais ce n’était pas le but.»

Pas sûr, après cet énième couac, que le chef de l’Etat ait à cœur de faire la même blague mercredi matin, après la présentation en conseil des ministres du projet de loi sur l’égalité femmes-hommes porté par Najat Vallaud-Belkacem.

J.-M.P.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (942 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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