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Travailler de nuit pourrait doubler le risque de cancer du sein

Grégoire Fleurot, mis à jour le 02.07.2013 à 10 h 59

Néanmoins, malgré les nombreuses études sur le sujet, les experts de la question restent prudents sur le lien de cause à effet.

Une campagne contre le cancer du sein, à Berne. REUTERS/Ruben Sprich

Une campagne contre le cancer du sein, à Berne. REUTERS/Ruben Sprich

Travailler de nuit pendant plus de trente ans pourrait doubler le risque de cancer du sein chez les femmes, selon une nouvelle étude menée par des chercheurs canadiens qui ont examiné 1.134 femmes atteintes de la maladie et 1.179 femmes du même âge saines, rapporte le site du quotidien britannique The Guardian.

Ils ont trouvé que les infirmières, les femmes de ménage, les travailleuses sociales et les femmes faisant d’autres métiers impliquant un travail de nuit (dans le cadre d’un travail posté) sur le long terme peuvent avoir jusqu’à deux fois plus de risque de développer la maladie que celles qui ne travaillent pas de nuit. Les chercheurs ont interrogé les femmes sur leur travail et leurs horaires et ont regardé les dossiers médicaux des femmes malades.

Le lien entre le travail en 3x8 et le cancer du sein a fait l’objet de nombreux travaux depuis plus de deux décennies. En 2001, deux études séparées parues dans le Journal of the national cancer institue exploraient ainsi la possibilité que la lumière de nuit puisse être un facteur de risque, partant du postulat qu’elle supprimait la production normale de mélatonine, l'«hormone du sommeil» dont on pense qu’elle freine la croissance de tumeurs. Les deux études avaient trouvé une association entre la lumière de nuit et le risque de développer un cancer du sein.

Malgré les nombreuses études sur le sujet, les experts de la question restent prudents sur le lien de cause à effet. Jane Green, une épidémiologiste clinique à l’université d’Oxford interrogée par le Guardian, explique ainsi:

«Cette étude [la plus récente] semble être sérieuse, et est plus détaillée quant à l’historique de travail que beaucoup d’autres études. […] La conclusion d’un risque plus élevé de cancer du sein chez les femmes qui ont un long passé de travail posté s’ajoute aux résultats similaires des études précédentes, mais ne change pas le consensus actuel: s’il y a quelques indices qui peuvent associer le risque de cancer du sein à un travail de nuit sur le très long terme, les preuves ne sont pas suffisantes pour être sûr, et certainement pas suffisantes pour lancer un message de santé publique sur le travail posté.»

On ne sait pas, par exemple, si c’est vraiment le travail de nuit en lui-même ou les habitudes de vie malsaines qui l’accompagnent souvent qui feraient augmenter le risque.

Grégoire Fleurot
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Journaliste
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