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Mort de Clément Méric: que dit «vraiment» la vidéo, la bataille RTL/Libération

Marion Degeorges, mis à jour le 26.06.2013 à 15 h 25

Captures d'écran

Captures d'écran

Dans l’éditorial de ce mercredi matin qui accompagne quatre pages sur Clément Méric, Libération écrit:

«On pourrait alimenter la polémique vaine de savoir "qui a commencé". Qui a donné le premier coup, qui a insulté un peu plus ou un peu moins, qui voulait la bagarre. Mais on ne le fera pas.»

La polémique à laquelle fait allusion le quotidien, c’est celle qui a débuté mardi 25 au matin. A l’aube, le site RTL.fr publie «Clément Méric: la vidéo de l’agression a parlé». Dans l'article que la radio publie en «exclusivité» sur son site, le journaliste Georges Brenier ne précise pas s’il a lui-même visionné la vidéo en question. Pourtant la scène de la bagarre au cours de laquelle le militant antifasciste est tué par un skinhead est précisément décrite, introduite par un «On voit». Et c’est surtout la dernière phrase du papier qui a lancé les chamailleries:

«Elles (Ces images) montrent un Clément Méric provocateur et confortent la thèse du juge sur une mort accidentelle à la suite de coups donnés.»

La réaction de Libération

En début d’après-midi mardi 25 toujours, Libération répond sur son site internet en titrant «Mort de Clément Méric: ce que dit vraiment la vidéo». A l’«INFO RTL», le quotidien contre-attaque par sa spécialiste de la rubrique «Police» Patricia Tourancheau:

«La police ne partage pas les interprétations qu’en a tirées RTL qui affirme que le jeune antifasciste s’est “jeté sur son agresseur”

Puis Libération  précise, en trois points:

«D’où viennent ces images?»:  le journaliste de RTL aurait omis d’indiquer «que la caméra est orientée vers le trottoir». Ajoutant que selon un commissaire de la Police Judiciaire  interrogé, les images ne montrent «que vingt centimètres au-dessus du sol, c’est-à-dire les jambes des personnes».

«Rien de nouveau sur les faits»: RTL ayant mentionné que selon la vidéo, Clément Méric n’a pas été «lynché une fois par terre», Libération rappelle que cela, «Tout le monde le savait, les témoins, la PJ et le procureur de la République de Paris l’ayant bien expliqué».

«Des confirmations»: Libération cite ce qu’il avait déjà écrit dans ses colonnes le 7 juin dernier, reprécisant ainsi la nuance entre violence verbale et violence physique: «Verbalement, c’est le groupe d’extrême gauche qui a été le plus vindicatif à l’intérieur de la salle des ventes mais, physiquement, c’est la bande d’extrême droite qui a été la plus virulente à l’extérieur».

La réaction de RTL.fr

Tojours mardi, en fin d’après-midi, le site de la radio dément l’information de Libération, selon laquelle la caméra était anglée sur le sol, en titrant très simplement «Clément Méric: la vidéo n’est pas tournée au ras du bitume, la caméra a filmé des visages». Georges Brenier et «La rédaction de RTL.fr» reprennent leurs claviers pour se défendre, avec notamment un intertitre des plus clairs: «Sur la vidéo, des visages», suivi de:

«C’est une bagarre générale qui a été captée par cette caméra, qui n’a pas seulement filmé des pieds et des chaussures, mais des corps en mouvement et des visages. Son objectif n’enregistre pas au ras du bitume, mais vu jusqu’à environ 1 mètre 50 de hauteur.»

Quant au fait que Clément Méric aurait commencé la bagarre avec le suspect Esteban Morillo, RTL écrit l’avoir vu sur les images, ou plutôt, il «semble» «peut-être»:

«C’est là que le jeune militant d’extrême gauche arrive dans le dos d’Esteban. Il semble lui asséner un coup, peut-être à la tête.»

L'article s’achève sur un timide «on pense qu’on a bien vu ce qui semble être notre exclusivité RTL du matin».

Les dégâts collatéraux de la chamaillerie

Pendant que RTL et Libération s'écharpent, Le Point.fr y va aussi de son «EXCLUSIF. "Clément Méric voulait vraiment en découdre"». L’exclusivité, ce sont des extraits du procès verbal de l’un des témoins de la bagarre, que Le Point.fr publiait lui-même sur son site le 7 juin dernier. Le site de l’hebdomadaire étaye ensuite son article avec les informations apportées par RTL.fr le matin même. Puis consacre un bref paragraphe sur la contradiction de Libération… Avant de terminer sur un affirmation étrange:

«Quoi qu'il en soit, Le Point.fr est en mesure de révéler que les enquêteurs disposent de captures d'écran de sites internet "anti-fachos", notamment Vigilance Végane antifasciste, très proche de la mouvance de Clément Méric, sur lesquels apparaissent dès le 2 décembre 2012 les photos d'Esteban et sa compagne Katia, au-dessus desquelles figure la mention "Besoin d'identification please". Méric et ses amis les avaient-ils reconnus? Ce qui changerait considérablement la donne...»

Libération a le dernier mot (pour l’instant)

Mardi soir, liberation.fr en remet une couche et publie un article reprenant les déclarations des membres du collectif Action antifasciste Paris-Banlieue, auquel Clément Méric appartenait. Avec la demie une de mercredi 26 et les quatre pages autour du fait divers, le quotidien est pour l'instant l'heureux propriétaire du dernier mot. RTL.fr n'a pas (encore) riposté.

Marion Degeorges
Marion Degeorges (57 articles)
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