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La France et l'ennemi de l'extérieur, toujours et encore

Eric Le Boucher, mis à jour le 25.06.2013 à 17 h 20

Un drapeau de l'Union européenne à Varsovie le 15 mai 2005, REUTERS/Katarina Stoltz

Un drapeau de l'Union européenne à Varsovie le 15 mai 2005, REUTERS/Katarina Stoltz

La gauche française a un problème: elle accuse toujours l’extérieur d’être responsable de ses échecs. Et les échecs s’accumulent aujourd’hui avec la croissance devenue récession, le chômage qui grimpe et les élections partielles qui sont toutes perdues pour elle. Villeneuve-sur-Lot a été sa huitième défaite.

Jusque-là, une partie du PS a attaqué l’Allemagne. La coupable, était Angela Merkel la «chancelière de l’austérité», qui bloque les politiques de croissance. Comme la chancelière vient d’adopter un vaste plan de relance sociale, le tir change de cible. Haro sur Bruxelles!

Entendons-nous. Sur la culture José Manuel Barroso a dit une bêtise (l’aspect «réactionnaire» de notre exception). Il aurait mieux fait de préserver l’unité européenne face aux Américains. Pour la politique économique, Bruxelles n’est pas exempte de reproche, loin de là; une polémique s’est d’ailleurs ouverte avec le FMI à propos de l’incompétence de la Commission sur les aides à la Grèce. Globalement c’est vrai, la commission de Bruxelles est trop faible.

Mais la faute en revient à la France, à Jacques Chirac qui a nommé José Manuel Barroso, aux souverainistes français qui, depuis le départ de Jacques Delors, ont toujours été contre une commission forte.

Mais l’essentiel de cette querelle est l’évitement. Les gouvernements  français doivent arrêter d’accuser les autres de nos problèmes. François Hollande attend vainement la reprise économique de l’extérieur. Il a tort: le rebond ne viendra pas du dehors mais de la France elle-même.

La crise est d’abord française: la classe politique fait vivre le pays depuis trente ans sur un modèle d’endettement public. La gauche, François Hollande, s’est trompée en pensant qu’augmenter les impôts allait suffire à résoudre le mal.

Et sur le fond de la polémique, José Manuel Barroso a raison: oui, une partie de la gauche tient les mêmes propos anti-européens que l’extrême droite. Les mêmes mots du populisme «euro»phobe.

La bonne Europe, ce serait plus d’Europe. Et qui ne le veut pas? La France, parce qu’en effet les deux grands partis UMP et PS sont trop sous l’emprise de leurs clans souverainistes.

E.L.B.

Eric Le Boucher
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Cofondateur de Slate.fr
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