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Faut-il interdire les «petites» claques?

Cécile Schilis-Gallego, mis à jour le 18.06.2013 à 13 h 55

Capture d'écran du spot de la Fondation pour l'enfance: «Il n'y a pas de petite claque».

Capture d'écran du spot de la Fondation pour l'enfance: «Il n'y a pas de petite claque».

La gifle, un châtiment corporel? Pour la Fondation pour l'enfance, il n'y a aucun doute et le coordinateur de leur dernière campagne, Gilles Lazimi, soutient dans un article du Parisien les bénéfices d'une loi contre les claques. Le débat sur les gifles, les claques et les fessées n'est pas nouveau. En 2009 par exemple, un père canadien était condamné pour avoir fessé violemment son fils. La même année, la pédiatre, et députée UMP, Edwige Antier déposait une proposition de loi interdisant les châtiments corporels sur les enfants, notamment la fessée. 

Une nouvelle campagne s'attaque désormais à la perception de la «petit claque», ou plus largement des violences éducatives. Gilles Lazimi explique ainsi: 

 «Il n’y a pas de petite claque. C’est une violence, et il n’y a pas de violence sans conséquences ni sans risques. Un cerveau d’enfant est fragile… Et quand on sait que 50% des parents français donnent la première claque avant l’âge de 2 ans, il serait temps d’en prendre conscience.»

Le nouveau spot télévisuel tente de montrer la différence de ressenti entre un adulte qui administre une claque et un enfant qui la reçoit. On voit ainsi le visage de l'enfant valser sous la main de sa mère excédée.  

Pour le docteur Lazimi, les «petites claques» ne sont pas sans conséquence: 

«Une gifle interrompt l’activité cérébrale. Elle empêche l’enfant de penser, elle l’inonde d’hormones de stress, le dépossède de son corps, ce qui, à terme, peut l’inciter à mettre son corps en danger (vitesse, alcool…). Mais surtout, il finit par penser que frapper est un mode de communication, qu’aimer, c’est frapper. Et le jour où il sera parent à son tour, il lèvera la main sur ses enfants…»

C'était déjà le message d'un spot de la Fondation de l'enfance diffusé en mai 2011:

A noter que l'interdiction des châtiments corporels est une demande des Nations unies reprise par le Conseil de l'Europe qui en 2008 lançait l'initiative «Levez la main contre la fessée!». Trente-trois pays à ce jour interdisent aux parents d'infliger le moindre châtiment corporel à leurs enfants, selon Le Parisien. 

Cécile Schilis-Gallego
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