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Le PS n'est pas le plus mauvais en partielles (mais presque)

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 17.06.2013 à 11 h 23

L'Assemblée nationale lors de la séance de questions au gouvernement du 11 juillet 2012. REUTERS/Charles Platiau.

L'Assemblée nationale lors de la séance de questions au gouvernement du 11 juillet 2012. REUTERS/Charles Platiau.

La date a valeur de symbole: un an pile après sa victoire lors des élections législatives, le PS a perdu une nouvelle partielle dès le premier tour, dimanche 16 juin, dans la troisième circonscription du Lot-et-Garonne, celle de Jérôme Cahuzac.

Son candidat, Bernard Barral, est arrivé troisième du premier tour avec 23,69% des voix, derrière Jean-Louis Costes (UMP, 28,71%) et Etienne Bousquet-Cassagne (FN, 26,04%). Inférieur à 12,5% des inscrits en raison d’une faible participation (moins de 46%), son score ne lui permet pas de se maintenir en triangulaire au second tour.

C’est la septième défaite du PS lors d’une élection législative partielle en un an et la troisième fois qu'il est éliminé au premier tour. Sur ces sept élections, le parti majoritaire était le sortant dans quatre cas: en dehors de la circonscription de Cahuzac, il s’agissait de celles de Béziers et des Français de l’étranger Etats-Unis/Canada et Israël/Grèce/Turquie/Italie.

Une consolation, cependant: le PS a récupéré de manière improbable un siège, puisque le nouveau député de Wallis-et-Futuna, Napole Polutélé, élu avec le soutien de l'UMP face à deux candidats divers gauche, s'est apparenté... au groupe PS, à la grande colère de l'opposition.

Autre consolation: selon notre pointage, le PS ne réalise pas la pire performance de l’histoire en termes de partielles perdues. Le record est détenu par la majorité de 1993-1997, avec pas moins de neuf sièges perdus par l’alliance RPR-UDF de l’époque en quatre ans. Mais la conjoncture politique était très différente, puisqu’il y avait eu une élection présidentielle au milieu de la législature, et un nombre de partielles record (44) pour une majorité également record (plus de 480 députés).

En dehors de cet épisode particulier, le PS «égale», avec ses quatre partielles perdues, les majorités gaullo-centristes de 1973-1978 et 1978-1981 sur l'ensemble de la législature, et fait pire que lors de ses trois précédents passages au pouvoir (1981-1986, 1988-1993, 1997-2002), où ses pertes s’étaient limitées à trois sièges.

Cette succession de partielles perdues en un temps très rapproché rappelle d'ailleurs celles du début de l'année 1982, annonciatrices de la lourde défaite des socialistes aux municipales un an plus tard, ou celles de la droite à l'automne 1980, qui anticipaient celle de Giscard six mois plus tard.

Et pour la majorité conduite par François Hollande et Jean-Marc Ayrault, ce n'est peut-être pas fini. Si le Conseil constitutionnel a fini d'examiner les recours en invalidation des législatives de 2012, la démission de futurs élus municipaux désireux d'appliquer avant l'heure la loi sur le non-cumul des mandats pourrait provoquer de nouvelles partielles en 2014. «On a comme cela quatre ou cinq points durs, où on doit expliquer aux militants qu'il est hors de question de payer une avancée démocratique comme le non-cumul par la perte de la majorité absolue à l'Assemblée», expliquait récemment Christophe Borgel, le chargé des élections au PS, à L'Opinion.

J.-M.P.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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