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Christine Lagarde bientôt mise en examen par la Cour de justice de la République?

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 22.05.2013 à 12 h 33

Réunion du FMI, des ministres des Finances du G20, à Paris. REUTERS/Benoit Tessier

Réunion du FMI, des ministres des Finances du G20, à Paris. REUTERS/Benoit Tessier

Directrice du FMI depuis 2011, Christine Lagarde est convoquée jeudi 23 et vendredi 24 mai par les juges de la Cour de justice de la République en vue de sa mise en examen pour complicité de faux et détournement de fonds publics, écrit Le Monde. On lui reproche d’avoir opté pour une procédure arbitrale dans le cadre du litige qui opposait Bernard Tapie au Crédit lyonnais, et qui s’est soldée par le remboursement par l’Etat en 2008 de 403 millions d’euros à l’homme d’affaires.

Christine Lagarde pourrait cependant sortir de cette audition avec le statut de témoin assisté, écrit le journal.

Par ailleurs, le ministre de l’Economie et des finances, Pierre Moscivici, affirme au Monde que Bercy se constituera partie civile dans le volet non ministériel du dossier. Une procédure de droit commun qui viserait les acteurs du dossier à l’exception de l’ancienne ministre, que seule la CJR peut juger pour des actes commis dans le cadre de ses fonctions.

Comme l’écrit Le Monde, «l'ex-ministre des Finances redoute toujours cette audition, confiant même à ses proches qu'elle a le sentiment de n'avoir été qu'un "instrument" –celui de Nicolas Sarkozy en l'occurrence– dans la gestion de ce dossier très politique».

La décision prise par Lagarde de recourir à l'arbitrage a alimenté les soupçons politiques, expliquait Jean-Marie Pottier dans un article de Slate.fr sur vingt ans de soupçons et de polémiques autour de Bernard Tapie:

«Bernard Tapie ayant appelé à voter Sarkozy en 2007 en qualifiant le vote Royal d’“énorme connerie”. Sur le plan juridique, le procureur général près la Cour de cassation Jean-Louis Nadal a demandé une enquête à la CJR en accusant Christine Lagarde d’avoir fait “échec à la loi” en poussant à un arbitrage dont la légalité était douteuse, en refusant de réclamer un recours contre la sentence ou “de donner suite à une proposition de récusation de certains des arbitres”.»

Le choix de deux des trois arbitres de la procédure avait aussi alimenté ces soupçons. «Pour Pierre Estoup, en raison de sa participation, en 1999 et 2001, à des arbitrages à la demande de Me Lantourne, l’avocat de Bernard Tapie. Pour l’avocat Jean-Denis Bredin, spécialiste reconnu de l’arbitrage, en raison de son poste de vice-président, de 1976 à 1980, des radicaux de gauche, auxquels Tapie a appartenu au début des années 90.»

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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