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Claude Guéant: tour d'horizon des affaires

Marion Degeorges, mis à jour le 17.05.2013 à 16 h 49

Claude Guéant à l'Assemblée nationale, le 7 septembre 2011. REUTERS/Benoit Tessier

Claude Guéant à l'Assemblée nationale, le 7 septembre 2011. REUTERS/Benoit Tessier

Le 10 mai dernier, le parquet de Nanterre ouvrait une information judiciaire contre X pour «détournement de fonds publics, complicité et recel». «X» n’est pas un nouveau sobriquet de Claude Guéant, quoique. Le nom de l’ex-ministre de l’Intérieur apparaît en filigrane dans plusieurs affaires en ce moment.

Tour d’horizon.

Les sommes mystérieuses sur son compte

Affaire de 2008, révélée par le Canard enchaîné: A l'occasion d'une perquisition du domicile et du bureau de Claude Guéant, les enquêteurs ont découvert  l'existence d'un virement de 500.000 euros en provenance de la Malaisie, sur un compte appartenant à l'ancien ministre. D'après ses explication, il s’agit du paiement d’une vente de deux tableaux d’Andries van Eertvelt à un avocat étranger. Sauf que la transaction n’aurait pas été déclarée et qu’en plus, d’après des experts en art, elle a été largement surestimée.

Le Canard enchaîné fait également état de primes en liquide perçues par Claude Guéant en tant que ministre. Sauf que Lionel Jospin a mis fin à cette pratique en 2001. Le procédé s'appelle maintenant une «indemnité de sujétion particulière» et surtout, elle doit être rigoureusement déclarée aux impôts. Une enquête interne du ministère de l’Intérieur a été ouverte le 2 mai dernier pour élucider la provenance de ces sommes mystérieuses.

Le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy

Affaire de 2007, révélée par Mediapart: En tant qu’ancien directeur du cabinet de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant a été mis en cause par Ziad Takieddine dans le financement de la campagne présidentielle de 2007. Les soupçons: Mouammar Kadhafi aurait versé 50 millions d’euros. Là aussi, une information judiciaire contre X a été ouverte, pour «corruption active et passive», «trafic d’influence, faux et usage de faux», «abus de biens sociaux», «blanchiment, complicité et recel de ces délits».

L’emploi fictif

Affaire de 2007, révélée par le MondeClaude Guéant a été entendu à ce sujet mi-avril par la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE). Il est soupçonné d’avoir favorisé l’embauche d’une de ses connaissances au cabinet de Christine Boutin, alors ministre du Logement. Il s’agit de Philippe Pemezec, maire UMP du Plessis-Robinson, vice-président du conseil général  des Hauts-de-Seine et ex-député. Leur accointance remonterait à 2004, lorsque Claude Guéant était directeur du cabinet de Nicolas Sarkozy au conseil général des Hauts-de-Seine.

Les enquêteurs se sont penchés sur le contexte politique de l’affaire, et ils ont détecté une drôle de coïncidence. Fin 2007, l’élection de député de Philippe Pemezec est invalidée par le Conseil constitutionnel. De fait, les 5.500 euros mensuels qui vont avec la fonction lui filent sous le nez. Puis, Christine Boutin lui attribue le titre de «chargé de mission sur l’accession sociale à la propriété», pour lequel il est rémunéré... 5.500 euros. Sa mission: rendre un rapport par mois. A la place, il aurait plagié des documents existants. En juin 2010, Benoist Apparu, qui a succédé à Christine Boutin, met fin au contrat de Philippe Pemezec, un an avant son terme.

Interrogée elle aussi, Christine Boutin a assuré que l’embauche lui avait été imposée par Claude Guéant, alors secrétaire général de l’Elysée. Le spécialiste de l’accession sociale à la sécurité, Philippe Pemezec explique, lui, que Claude Guéant l’a «aidé à obtenir ce poste».

L’arbitrage en faveur de Bernard Tapie

Affaire de 2008, Claude Guéant a été mis en cause par Mediapart: Dans la résolution du litige qui opposait Bernard Tapie au Crédit Lyonnais sur la vente d’Adidas, Claude Guéant est soupçonné d’avoir joué de son influence, en tant que secrétaire général de l’Elysée. Christine Lagarde, alors ministre de l’Economie, opte pour un arbitrage plutôt que pour une intervention de la justice. L’arbitrage ayant été favorable à Bernard Tapie, les trois juges d’instruction saisis tentent de définir si l’Elysée, et donc son secrétaire général, a eu son mot à dire. C’est pour cette affaire que le domicile et le bureau de Claude Guéant ont été perquisitionnés.

Le tableau ivoirien

Affaire de 2011, révélée par Le Nouveau Courrier: Alassane Ouattara, dont l’accession au poste de président de Côte d’Ivoire a été facilitée par l’intervention militaire de la France, offre un tableau à Claude Guéant. Problème, selon une circulaire gouvernementale de mai 2007, les cadeaux officiels doivent être enregistrés par le service du mobilier national. Ce que Claude Guéant a omis de faire.

25.000 euros en provenance de Jordanie

Date non connue, affaire révélée par l'Express: Sur un autre compte de Claude Guéant, les enquêteurs qui ont perquisitionné son domicile et son bureau ont découvert l'existence d'un virement de 25.000 euros qui viendrait de Jordanie. Rien de suspect pour son avocat, «il s’agit du versement d’une somme en conformité d’un accord contractuel signé avec une société jordanienne qui correspond à la rémunération d’une fonction exercée par monsieur Claude Guéant». En français courant: Claude Guéant aurait fait un travail dont on ignore tout, pour des Jordanien qu’on ne connaît pas plus.

Marion Degeorges
Marion Degeorges (57 articles)
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