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Fête du PSG: non, il n’y avait pas «des milliers de casseurs» au Trocadéro

Grégoire Fleurot, mis à jour le 15.05.2013 à 9 h 54

Les débordements qui ont eu lieu en plein Paris sont inacceptables, mais tout n'a pas été fait pour les éviter.

Entre la Tour Eiffel et le Trocadéro le 13 mai 2013, REUTERS/Gonzalo Fuentes

Entre la Tour Eiffel et le Trocadéro le 13 mai 2013, REUTERS/Gonzalo Fuentes

La fête du Paris Saint-Germain, qui a présenté son trophée de champion de France aux supporters lundi 14 mai, a tourné court. A cause de débordements dans la foule, les joueurs ne sont restés que quelques minutes sur l’estrade où ils étaient censés s’adresser aux 15.000 fans qui se trouvaient sur la place du Trocadéro. Leur parade en péniche sur la Seine qui devait suivre a été annulée.

Les télévisions parlent de «katiba» et de «guerilla urbaine». Le député UMP Jean-Sébastien Vialatte a écrit sur son compte Twitter:

«Les casseurs sont sûrement des descendants d'esclaves ils ont des excuses. #Taubira va leur donner une compensation!»

Le bilan de la soirée est de 30 blessés et de 21 interpellations, du mobilier urbain et une superette vandalisés, un Abribus cassé, plusieurs voitures et scooters endommagés et des vitres de cafés brisées. Des faits évidemment inacceptables et condamnés par tous, qui n’ont pas manqué d’entraîner un débat sur la responsabilité de la police, et les attaques de l’opposition contre la gestion du ministre de l’Intérieur Manuel Valls.

Tandis que les syndicats de policier reconnaissent que l’évènement a été «sous-estimé» et que les forces de l’ordre ont été «débordées», le préfet de Paris s’est défendu lundi soir lors d'une conférence de presse de toute sous-estimation du risque en affirmant qu’il y avait «plusieurs milliers» de casseurs.

Au vu des dégâts, certes non négligeables mais incomparables par exemple avec ceux qui ont émaillé les manifestations anti-CPE en 2006, et de ce que j’ai pu observer du centre de la place du Trocadéro entre 19h30 et 20h50 où je me trouvais en tant que supporter du PSG, ce chiffre est au mieux une énorme exagération, au pire un mensonge pour masquer les failles de la sécurité.

Les auteurs des violences étaient plusieurs dizaines, quelques centaines tout au plus, très mobiles, violents, apparemment rompus aux émeutes urbaines et mélangés à la foule, ce qui rend le travail des policiers particulièrement difficile. Y avait-il quelques supporters du PSG parmi eux? Peut-être.

Ce qui est clair, c’est que la place du Trocadéro était trop petite pour la foule qui s’y était massée dans une ambiance festive au départ, et que le dispositif était insuffisant. Comment a-t-on pu laisser des dizaines de personnes monter sur un échafaudage du Palais de Chaillot, qui représentait à l’évidence le meilleur point de la place pour avoir une vue dégagée sur la remise du trophée? Pourquoi ces individus, dont un qui faisait le funambule sur le toit du bâtiment, y sont restés pendant près d’une heure sans être délogés?


Place du Trocadéro le 13 mai 2013, REUTERS/Benoit Tessier

Pourquoi certains supporters, certes oppressés par les mouvements de foule, ont pu monter sur l’estrade des caméras de télévision? Les réponses tiennent sans doute dans cette déclaration d’un policier au Parisien:

«On était sur le même dispositif que pour le retour des médaillés olympiques l’été dernier. Mais ce ne sont pas les mêmes supporters...»

Pourtant, la cellule des renseignements qui suit les supporters parisiens tout au long de l’année savait que certains allaient en profiter pour protester contre le plan de sécurité au Parc des Princes mis en place il y a trois ans. En outre, les célébrations de la veille sur les Champs-Elysées, qui s’étaient dans l’ensemble bien passées, s’étaient déjà finies par des scènes de vandalisme violentes de la part d’une petite minorité. Dès lors, un dispositif comparable à celui pour les médaillés olympiques semble effectivement bien dérisoire.

En attendant, sur tout le chemin qui a mené le bus des joueurs du PSG jusqu’au Trocadéro, et même sur son chemin de retour jusqu’au Parc des Princes, des milliers de supporters en liesse ont acclamé leurs héros, qui ont semblé apprécier la fête. Mais ces images intéressent moins les médias:

G.F.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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