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Popularité de Hollande: heureusement, il y a Rajoy...

Robin Panfili, mis à jour le 06.05.2013 à 18 h 42

Contrairement à la plupart de ses principaux homologues, comme Barack Obama, David Cameron ou Angela Merkel, le président français a connu une chute vertigineuse de sa popularité durant sa première année au pouvoir, quasiment inédite sous la Ve République.

François Hollande et Mariano Rajoy, le 10 octobre 2012 à l'Elysée. REUTERS/Philippe Wojazer.

François Hollande et Mariano Rajoy, le 10 octobre 2012 à l'Elysée. REUTERS/Philippe Wojazer.

La cote de popularité de François Hollande est en chute libre. Un an jour pour jour après son élection, le président de la République ne récolte que 25% d’opinions favorables selon le dernier baromètre Ifop pour le Journal du Dimanche, 74% des sondés se disant mécontents de son action. BVA, pour Le Parisien et TNS Sofres, pour Le Figaro Magazine, le donnent même à 24% seulement.

Un niveau historiquement bas qui s'inscrit dans un contexte délicat, la France restant sur 23 mois consécutifs de hausse du chômage et les prévisions de croissance pour 2013 étant proches de zéro.

Fait-il pire que Sarkozy?

Pour l'Ifop, François Hollande atteint un niveau inférieur à celui de Nicolas Sarkozy lorsqu’il était au plus bas durant son mandat: 28% de satisfaits et 72% d'insatisfaits en avril 2011. En revanche, la cote de confiance de l'ancien président mesurée par TNS Sofres était descendue encore plus bas, à 20% de satisfaits et 76% d'insatisfaits en août 2011.

Un an après son élection en mai 2007, la cote de confiance de Nicolas Sarkozy avait aussi dégringolé, mais moins que celle de Hollande, pour atteindre 32% selon TNS-Sofres, contre 65% d’approbation au lendemain de son élection. L'ancien président avait donc perdu plus de 30 points en un an, là où Hollande en a perdu quelques-uns de moins –mais le nouveau chef de l'Etat partait de moins haut, environ 50%.

A noter que depuis 1981, deux présidents comptaient plus de satisfaits que d'insatisfaits un an après l'élection: François Mitterrand lors de ses deux mandats et Jacques Chirac lors de son second. Lors de leur second mandat, les deux hommes ont même vu leur cote de popularité progresser légèrement la première année –François Mitterrand grâce à une conjoncture économique favorable, Jacques Chirac à cause de la politique française concernant la guerre en Irak.

Mieux que Rajoy, moins bien que Monti

Cette impopularité qui, vue de France, frôle voire atteint un niveau record, n'est pas totalement inédite si on regarde les autres dirigeants de grands pays européens. En Espagne, le chef du gouvernement Mariano Rajoy voyait, en décembre 2012, seulement 15% des électeurs avoir une «bonne» ou «très bonne» image de leur gouvernement. Aujourd'hui, le sentiment des Espagnols n'a pas beaucoup évolué puisque 82% d'entre eux disent avoir  «peu» ou «aucune» confiance en lui.

Au palais Chigi, siège du gouvernement italien, le Premier ministre Mario Monti, qui vient de céder les rênes à Enrico Letta, avait lui connu une chute vertigineuse de sa cote en un an. Fort d’une popularité record de près de 80% à son arrivée au pouvoir en août 2011, il a vu celle-ci dégringoler un an plus tard à 33%. En cause, les réformes impopulaires adoptées par son gouvernement sur la fiscalité et sur le marché du travail.

Romano Prodi, élu en 2006 avec une cote de popularité de 63%, l'avait lui vu chuter à 40% un an plus tard. En revanche, Silvio Berlusconi, élu en 2008, avait vu sa cote progresser de plus de vingt points en un an, notamment grâce à sa gestion médiatique du séisme de L'Aquila, dans les Abruzzes, mais pas seulement, puisque sa popularité, qualifiée de «mystère», était déjà en hausse auparavant. Un phénomène qui rappelle en partie ce qui était arrivé à George W. Bush, dont la popularité dépassait largement les 80% un an après son élection, quelques mois après le 11-Septembre.

Sources: Ifop-Infratest/juill. 2010 (ALL); Gallup/janvier 2010 (USA); Yougov/mai 2011 (ANG); Forum Research Inc./mai 2012 (CAN); Levada/fév. 2013 (RUSS); Sigma-Dos-El Mundo/déc. 2012 (ESP); TNS Sofres/avril 2013 (FR). L'Italie et le Japon n'ont pas été inclus car leur Premier ministre est en poste depuis moins d'un an.

Cameron stable, pas Obama

En Grande-Bretagne, David Cameron, élu en mai 2010, a lui maintenu l’équilibre dans l’opinion une année après son entrée au 10, Downing Street. Avec 47% de satisfaits, il s’assurait un soutien populaire stable.

De l’autre côté de l’Atlantique, Barack Obama avait lui aussi connu une première année difficile. En janvier 2010, environ 50% des Américains approuvaient le travail effectué lors de sa première année en tant que président des Etats-Unis, alors que 70% des Américains lui affichaient leur confiance au moment de son investiture. Son seuil de popularité évolue aujourd'hui dans la même zone, et y était déjà lors de sa réélection, en novembre dernier.

Inoxydable Merkel

Un an après sa première élection en 2005, Angela Merkel s’était elle aussi retrouvée fragilisée, mais de manière beaucoup moins spectaculaire. Partie avec 62% d’opinions favorables au lendemain du scrutin, elle avait chuté à 55%.

Réélue en 2009 avec environ 60% d'opinions favorables, elle avait stabilisé sa cote de popularité, recueillant le soutien de 58% des Allemands un an plus tard. Depuis, sa cote de popularité est même montée en flèche, au point de battre un record en 2012 avec 81% d’opinions favorables.

R.P.

Robin Panfili
Robin Panfili (190 articles)
Journaliste à Slate.fr
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