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Un an de présidence: François Hollande fait le bilan, calmement

Cécile Dehesdin, mis à jour le 05.05.2013 à 12 h 40

François Hollande à Lyon le 3 décembre 2012. REUTERS/Laurent Cipriani/Pool

François Hollande à Lyon le 3 décembre 2012. REUTERS/Laurent Cipriani/Pool

«Un quinquennat se juge à son début et se sanctionne à la fin», disait déjà le candidat François Hollande. Aujourd'hui, il le dit et le répète, le Président ne célèbrera pas en fanfare sa première année de travail.

Il le dit d'ailleurs presque autant qu'il fait des confidences aux journaux pour, l'air de rien, tout de même établir un bilan de son action. Pas vraiment étonnant quand on sait les relations du président socialiste avec les journalistes –il leur sert parfois de source «off»–, c'est une véritable offensive de communication qu'a mené François Hollande cette semaine: confidences à des journalistes dans l'avion qui le ramenait de Chine, d'abord.

Entretien aux agences de presse ensuite, publié ce dimanche 5 mai, où il se félicite d'avoir fait «en dix mois bien davantage qu'en dix ans», et ajoute:

«S'il y a un reproche qui m'est apparu totalement inapproprié, c'est celui de ma prétendue indécision. On peut critiquer mes décisions, penser que je fais fausse route, dire que je n'ai pas pris le bon cap, mais s'il y a une chose dont je suis sûr, c'est que, depuis un an, j'ai fait des choix majeurs pour la France.»

Il y explique son impopularité record –26% d'opinions favorables seulement– par le fait que «c'est toujours vers le président que les Français se tournent, c'est au président qu'ils demandent des comptes et c'est légitime».

Le Président ne s'est pas arrêté aux agences de presse, il s'est aussi entretenu avec Sud Ouest, et le Nouvel Observateur. Au premier, il explique ne pas se laisser atteindre par les critiques –«Si je n’écoutais que les commentaires, je n’avancerais pas»–, feignant de s'en étonner:

On lui reproche son indécision chronique? «Je considère que j’ai pris beaucoup de décisions depuis un an, répond-il. J’ai imposé beaucoup de choses à la majorité.» Et d’égrainer: le vote du traité européen («alors que je l’avais critiqué»); le pacte de compétitivité; l’intervention au Mali («Ça aurait pu être contesté»); la réforme du marché du travail («Sans changer une virgule, ce n’était pas facile!»)

Au Nouvel Obs, il rappelle les circonstances difficiles de sa présidence:

«J'ai dû agir face à une crise exceptionnelle. De nombreuses réformes ont été adoptées. Elles porteront leurs fruits. Mais je ne pouvais pas aller plus vite. Ce dont je me rends compte, en revanche, c'est que nous n'avons pas bénéficié de la moindre indulgence.»

Au final, le bilan de François Hollande par François Hollande est donc celui d'un président ni apaisé ni consensuel mais décisionnaire, droit dans ses bottes et dans son cap.

Pour faire votre propre bilan de la première année de François Hollande à la présidence, vous avez notre numéro spécial de Slate.fr – Les Tablettes, à télécharger via iTunes, pour Android, ou en PDF.

 

C.D.

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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