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Xavier Niel, de Free, le Français qui défie les stéréotypes pour le Financial Times

Cécile Dehesdin, mis à jour le 04.05.2013 à 16 h 54

Trois jours par semaine de travail, Xavier Niel déjeune avec ses enfants. Un autre repas est réservé à ses amis, et seulement un dernier au travail. Récemment, le patron de Free a choisi le Financial Times pour ce déjeuner professionnel, et le journal financier britannique en a tiré un entretien.

Xavier Niel surprend le journaliste Simon Kuper à force de défier les stéréotypes du franchouillard:

  • Il ne porte pas de cravate, sa chemise est froissée, il n'est pas rasé et a un léger embonpoint et des cheveux longs.
  • Il ne boit pas.
  • Il mange sans égards particuliers pour le restaurant gastronomique, notant que «c'est un bon restaurant», mais qu'il a «aussi déjà très bien mangé au McDo».
  • Il est un «Parisien heureux», ce qui est d'après l'auteur aussi rare qu'un «self-made man français».

Mais pour les Français qui ont l'habitude d'entendre parler du fondateur de Free, c'est un portrait finalement assez classique de Niel que dresse le FT, celui d'un iconoclaste, ou en tout cas d'un homme qui se veut iconoclaste.

On y apprend tout de même les plans de Xavier Niel quant au filtrage des publicités pour les abonnés de Free, qui avait fait tant polémique:

«On va continuer. On va couper les pubs de temps à autre, et puis un jour on va les couper pour de bon.»

Pour Simon Kuper, Niel est notre sauveur:

«A un moment où la réputation internationale de la France est au plus bas, voilà Niel, dont l'ascension symbolise un pays différent. Il a une vue extérieure des problèmes français –qu'il pense pouvoir résoudre.»

Niel lui-même adore dire «On a sauvé Le Monde!», explique-t-il en traduisant le jeu de mot (le journal / la planète) pour son interlocuteur –«We saved ze World!»– tout en se défendant d'intervenir dans la ligne éditoriale.

Il se plaint auprès du Financial Times de l'esprit français, d'abord dans le monde de l'entreprise, où ses concurrents ont dit avoir dû renvoyer des employés à cause de lui et ses prix cassés:

«Si une boulangerie ouvre dans une rue de Londres, est-ce que le boulanger d'en face va dire aux journaux de dire "Oh lala, j'ai dû renvoyer des employés?"»

Mais aussi le système d'élites, qu'il rejette malgré son ascension:

«Vous êtes allés à la même école. Vos parents se connaissent. Le long de tous ces chemins, vous êtes entre vous. Et entre soi, personne ne veut vexer personne. Si vous vous entendez bien, vous n'allez pas casser les prix des téléphones portables. Pourquoi diminuer vos marges? Vous n'allez pas vous disputer entre vous.»

C.D.

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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