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Les primes en liquide évoquées par Claude Guéant illégales depuis 2001

Grégoire Fleurot, mis à jour le 30.04.2013 à 15 h 20

Claude Guéant à l'Assemblée nationale, le 7 septembre 2011. REUTERS/Benoit Tessier

Claude Guéant à l'Assemblée nationale, le 7 septembre 2011. REUTERS/Benoit Tessier

Les policiers enquêtant dans le cadre de l’information judiciaire ouverte autour des soupçons de financement illégal de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 ont trouvé des traces de «nombreux et conséquents paiements de factures en liquide» effectués par Claude Guéant, révèle Le Canard Enchaîné ce mardi 30 avril.

L’ancien ministre de l’Intérieur s’est défendu en évoquant des «primes de cabinet dont [il avait] bénéficié au ministère de l'Intérieur», quand il était membre du cabinet du ministre Nicolas Sarkozy, expliquant:

«Ce sont des primes que l'on reçoit comme ça, qui ne sont pas déclarées, de toute éternité, voilà, c'est tout. […] On peut dire que c'est pas normal après coup, ça c'est vrai. Ça faisait partie du système indemnitaire du ministère. Et nous aussi, nous trouvions que c'était anormal, c'est pour ça que nous l'avons supprimé.»

BFM TV revient sur l’histoire de ces primes ministérielles, appelées «fonds secrets» ou «fonds spéciaux», et vient contredire la version de Claude Guéant.

Le site explique que ces enveloppes d’argent liquide dont le montant était voté par le Parlement servaient bien à «financer des primes au sein des cabinets ministériels», mais que c’est Lionel Jospin qui a mis fin en 2001 à cette pratique en créant une «indemnité de sujétion particulière» plus encadrée et surtout déclarée aux impôts pour les collaborateurs des ministres.

Claude Guéant ayant été membre du cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur de juin 2005 à mars 2007, toute prime qui lui aurait été versée en liquide à cette période aurait donc été illégale.

Atlantico rapportait il y a quelques mois que les cabinets ministériels disposaient en 2012 lors du premier budget de la présidence Hollande de 25,9 millions d’euros pour gratifier les 525 membres politiques de cabinets et les «2.400 assistants, assistantes, policiers et autres cuisiniers qui servent les ministres». Un budget en baisse de 10% par rapport à 2011, dernière année du gouvernement Fillon, et bien plus bas que les 60 millions d’euros versés «au black» en 2001, théoriquement la dernière année où des primes ont été versées en liquide.

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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