Voici la première publicité d’Arabie saoudite contre la violence conjugale

via la King Khalid Foundation

via la King Khalid Foundation

Un petit pas pour les droits des Saoudiennes, mais un pas tout de même.

Les choses bougent-elle peu à peu pour le droit des femmes en Arabie saoudite? La King Khalid Foundation d’Arabie saoudite vient de mettre en place la première campagne du pays contre la violence conjugale, «No More Abuse». La publicité de lancement montre une femme recouverte d’un niqab, dont on ne voit donc que les yeux: elle a un œil au beurre noir, marque évidente d’abus physiques.

«Certaines choses ne peuvent pas être couvertes», peut-on lire sous la photo.  

Le site de la fondation King Khalid détaille ses objectifs:

«Le phénomène de femmes battues en Arabie saoudite est bien plus grave que ce qui apparaît à la surface. C’est un phénomène qui se trouve encore dans le noir. Nous voulons la justice pour toutes les femmes et les enfants exposés aux abus dans le Royaume.»

C’est un pas dans la bonne direction. Mais la publicité elle-même ne fait qu'aborder en surface les problèmes d’égalité en Arabie saoudite. Le pays demeure 131e sur 148 Etats en termes d’égalité des sexes selon le Global Gender Gap Report de 2012. Actuellement toutes les femmes saoudiennes sont sous la garde d’un homme (leur père, leur frère ou leur époux). Par conséquent, les violences domestiques sont en règle générale dissimulées. Celles contre les enfants, «particulièrement les petites filles, sont censée être endémiques», selon NineMSN.

Certes, le pays a récemment fait quelques (modestes) progrès. Le prince Al-Walid ben Talal ben Abdelaziz Al Saoud a ainsi expliqué que les femmes devraient enfin avoir le droit de conduire, non pas parce qu’elles sont les égales des hommes mais pour des raisons économiques. Et puis, la loi religieuse permet aujourd’hui à ces dames de faire du vélo et de la moto dans des «zones récréatives». Ces réformes demeurent malheureusement des retouches cosmétiques. 

Pour que le pays change réellement, il va falloir bouleverser les mentalités. Espérons que la campagne «No More Abuse» réussira à marquer le pays autant qu'il marque les internautes

D.D.