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«Viens boire l'apéro à l'Elysée»: Hollande a-t-il trahi sa promesse?

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 24.04.2013 à 16 h 48

Change they can believe in? / Jason Rosenberg via Flickr Licence By

Change they can believe in? / Jason Rosenberg via Flickr Licence By

Ça commence par deux colonnes dans la rubrique «La Mare aux canards», en page 2 du Canard enchaîné daté du mercredi 24 avril.

On y apprend que le conseiller parlementaire de François Hollande, Bernard Rullier, a récemment invité une dizaine de parlementaires socialistes à l'Elysée: «Viens boire l'apéro à l'Elysée, le 19 vers 19 heures, leur a-t-il dit au téléphone. Surtout, tu n'en parles à personne, surtout pas à la presse. Le PR passera une tête.»

Au menu de la discussion, de classiques récriminations d'élus se sentant mal considérés par le gouvernement, l'inquiétude face à l'absence de cap politique, le mécontentement de la base...

Mais si une telle discrétion était de mise dans la préparation de cette rencontre avec des membres de la majorité parlementaire, c'est parce qu'elle semble entrer en contradiction avec une promesse faite par François Hollande lors de son historique tirade «Moi, président de la République» du débat de l'entre-deux-tours, lors de laquelle le grand public et votre serviteur ont découvert l'existence d'une figure de style peu commune, l'anaphore:

«Moi président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l'Elysée.»

Il s'agissait pour le candidat socialiste de rompre avec l'image d'un président-chef de parti qui collait à Nicolas Sarkozy. Lui en revanche, serait un gardien des institutions républicaines transcendant la politique partisane, assurait-il.

DES parlementaires et non LES parlementaires...

Loin de quitter le terrain de la linguistique et de la syntaxe, la suite de l'histoire nous y ramène, puisque Bernard Rullier a tenté la défense suivante sur Twitter en réponse à une question du Lab d'Europe 1:

En somme, François Hollande ne trahirait pas sa promesse tant qu'il n'imiterait pas Nicolas Sarkozy en recevant tous les parlementaires de la majorité ensemble, comme le faisait régulièrement son prédécesseur.

Un débat linguistique qui fait penser, toutes proportions gardées bien sûr, à la tristement célèbre résolution 242 de l'ONU adoptée en 1967 à propos du conflit israélo-palestinien: les deux parties se sont déchirées autour de problèmes de traduction du texte, la version française parlant du retrait «des territoires occupés», la version anglaise «de territoires occupés» («from occupied territories»), comprendre certains d'entre eux seulement...

Toutes les semaines par groupe de 10

Mais au final, François Hollande pourrait effectivement, semaine après semaine, finir par recevoir «les» parlementaires de la majorité à l'Elysée, puisque selon Europe 1, cette petite rencontre informelle devrait se répéter.

A raison de près de 280 députés PS (sans compter les apparentés), voilà un apéritif pour tous qui devrait occuper l'Elysée jusqu'à la fin de l'année.

J.-L.C.

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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