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Merah était connu des services de renseignement dès 2006 et ne s'est pas autoradicalisé

Cécile Dehesdin, mis à jour le 10.03.2013 à 12 h 50

France 3 Pyrénées s'est procuré des documents sur Mohamed Merah qui montrent qu'il était connu des services de renseignement français dès ses 18 ans, et déjà considéré comme un «djihadiste radical».

L'une des questions toujours en suspens depuis les tueries de Toulouse et de Montauban, qui se sont terminées par un siège de 32 heures de l'assassin présumé, Merah, et sa mort, concerne les rapports entre la police et les services de surveillance et le jeune homme de 23 ans.

Claude Guéant, ministre de l'Intérieur de l'époque, avait confirmé que Mohamed Merah était connu des services de la DCRI depuis plusieurs années, mais «qu'aucun élément indiquant qu'il préparait une action criminelle était apparu». Les services avaient ensuite dit qu'ils ne le suivaient que depuis 2010. L'hypothèse qu'il avait été recruté comme «source» des services de renseignement était apparue, pour ensuite disparaître puis réapparaître quand on avait appris que la DCRI avait bien envisagé de le recruter.

En octobre dernier, Le Monde publiait déjà une enquête sur les ratés des services de renseignements français, qui affirmait que Merah était connu dès 2006. Les documents que s'est procuré France 3 viennent le réaffirmer. Les policiers découvrent Mohamed quand ils s'intéressent à son grand frère Abdelkader, qualifié de «militant salafiste» et membre du groupe d'Artigat: on voit en photo Mohammed Merah, sur la moto de Sabri Essid, l'un des pilliers du groupe (et qui est l'un des organisateurs des obsèques de Merah, note France 3).

Dans une autre photo, Merah, alors 18 ans, pose devant un Coran, un couteau de boucher à la main. Un an plus tard, une note de février 2007 explique que Merah «a rejoint cette mouvance» (un réseau djihadiste à Toulouse). En mai 2007, une autre note dit carrément que le jeune homme peut être considéré comme un «djihadiste radical».

Autre thèse officielle mise à mal par ces documents: l'autoradicalisation, évoquée par le procureur de Paris et par un ancien juge antiterroriste à l'époque du siège contre Merah. On parlait alors du phénomène nouveau «d'autoradicalisation par Internet des moudjahidins». Sauf que les notes récupérées par France 3 montrent que Merah ne s'est pas radicalisé en prison ou sur Internet (ou en tout cas pas seulement), mais tout simplement dans son quartier.

C.D.

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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