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Transferts de joueurs: l'OM pourrait être lié à la pègre marseillaise selon RMC

Célésia Barry, mis à jour le 23.02.2013 à 16 h 40

José Anigo lors d'une conférence à Gothenburg, en mai 2004 - REUTERS/Jean-Paul Pelissier

José Anigo lors d'une conférence à Gothenburg, en mai 2004 - REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Cela fait déjà bientôt deux ans que le club phocéen est sous surveillance. Depuis l'ouverture, en juillet 2011, d'une information judiciaire pour «extorsion en bandes organisées et associations de malfaiteurs», la police enquête sur les liens entre l'Olympique de Marseille et le grand banditisme corso-marseillais. A cette occasion, le directeur sportif du club, José Anigo, est placé sous écoute téléphonique.

En janvier 2013, le club est perquisitionné. Les bureaux du président Vincent Labrune et de José Anigo sont fouillés, révèle alors le Parisien. Les forces de l'ordre soupçonnent la pègre d'avoir exercé des pressions sur des agents de joueurs et les dirigeants du club et d'avoir touché sa part sur des transferts de joueurs. Et selon RMC Sport, ces soupçons pourraient se confirmer.

La radio a eu accès aux procès-verbaux des écoutes téléphoniques de José Anigo. Celui-ci serait lié à Richard Deruda, bandit marseillais et père du joueur Thomas Deruda, actuellement en poste à l'AC Arles-Avignon et passé par l'OM, ainsi qu'à Jean-Christophe Cano et Christophe D'Amico, deux agents de joueurs liés à la pègre, explique RMC.

Jean-Christophe Cano et Christophe d'Amico ont notamment tous deux été l'agent de l'attaquant André-Pierre Gignac, dont le transfert de Toulouse à l'OM en 2012 aurait fait l'objet de rétrocommissions destinées à la pègre, rapporte la Provence.

Les procès-verbaux révèlent que José Anigo est sous pression, note RMC. Richard Deruda souhaite que son fils soit engagé dans un club de ligue 2, indique le Parisien. Lors d'une conversation téléphonique, il menace Anigo:

«Déjà, tu m’as mis ton Corse d’enculé sur les couilles [...] José, t’es en train de me faire fumer, t’es en train de me faire péter la casserole. Je crois que si j’étais à côté José, je crois que je fais une connerie [...] Comme je suis capable de te faire vivre [...] La peur, je la connais pas dans des problèmes comme ça [...] Le football quand ça t’arrange hein. Attends que je te rafraîchisse la mémoire.»

A la suite de cet épisode, José Anigo manque de démissionner, souligne RMC. «Selon comment ça va se passer dans les trois ou quatre jours qui arrivent, je m’arrête définitivement et je veux plus avoir affaire à personne», confie-t-il à un proche.

Dans leur rapport de fin de surveillance du 22 juillet 2011, les enquêteurs notent qu'«Anigo échange des propos équivoques sur les modes de règlements de ces transactions», rapporte le Parisien.

Ils commentent également une conversation téléphonique entre Anigo et Maxime Nana, agent de Nicolas Nkoulou, défenseur de l'OM:

«Anigo lui indique qu’il a surévalué le prix du joueur auprès de ses dirigeants. L’agent s’énerve et rétorque qu’il y a des choses qu’il ne faut pas dire au téléphone. On comprend lors de la conversation suivante entre les deux hommes, que le sujet était celui des rétro-commissions.»

Anigo répond alors qu'«il ne lui a pas demandé un euro sur le précédent transfert».

Le transfert de Samir Nasri à Arsenal aurait également été l'objet de rétrocommissions, rapporte RMC. Selon les écoutes téléphoniques de José Anigo, l'ancien président de l'Olympique de Marseille, Pape Diouf, serait impliqué.

«Sur les transferts qu’il faisait, il était rémunéré parce qu’il y avait les primes. C’est-à-dire que quand il a acheté par exemple un mec à 1 million, s’il le vendait 3 millions, il avait un pourcentage sur la plus-value [...] Quand on vend Nasri 16 millions, je ne m’explique pas tellement comment il reste 10 millions dans les caisses du club.»

C.B.

Célésia Barry
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