Municipales 2014 / France

Candidature de NKM: le prochain maire de Paris sera sans doute une femme

Temps de lecture : 2 min

NKM et Rachida Dati à droite, Anne Hidalgo et peut-être Cécile Duflot à gauche, les candidates seront nombreuses à Paris en 2014. Tout comme le seront les parachuté(e)s.

Nathalie Kosciusko-Morizet à la Gare du Nord, 23 février. REUTERS/Philippe Wojazer
Nathalie Kosciusko-Morizet à la Gare du Nord, 23 février. REUTERS/Philippe Wojazer

Au revoir Longjumeau, bonjour Paris. A 39 ans, Nathalie Kosciusko-Morizet se lance officiellement dans la campagne des municipales de 2014 en déclarant sa candidature à la primaire ouverte (à droite? à l'UMP?) pour désigner le ou la candidat(e) pour la mairie de Paris. Maire de Longjumeau dans l’Essone et députée UMP, NKM se défend dans une interview au Parisien d’être une parachutée comme le lui reproche Rachida Dati, elle aussi UMP. «Si c’est un parachutage, c’est avec un pass Navigo! [carte de transports d'Ile-de-France, NDLR]» ironise-t-elle en guise de justification en rappelant que sa ville est à 25 km de la capitale et accessible en RER.

Rachida Dati, maire du VIIe arrondissement, a déjà annoncé dans Le Figaro qu’elle serait candidate.

Alors que l’hypothèse d’une candidature de François Fillon semble s’éloigner, les deux femmes pourraient s’affronter lors de la primaire que la droite souhaite organiser. Pierre-Yves Bournazel, conseiller UMP de Paris dans le XVIIIe, s’est quant à lui déclaré dès le 16 janvier candidat à ce processus de désignation.

Une femme pour le centre?

Dans un communiqué, le parti de Jean-Louis Borloo, l’UDI, a annoncé que ce dernier ne sera pas candidat à Paris:

«Jean-Louis Borloo n'est pas candidat à titre personnel à cette élection et sa tâche prioritaire est et reste la construction de (son) jeune parti.»

Le centre aura cependant un candidat et peut-être une candidate puisque Chantal Jouanno et Rama Yade font partie des personnalités évoquées.

A gauche: Anne Hidalgo favorite, Cécile Duflot en embuscade?

A gauche, alors que Bertrand Delanoë ne se représentera pas et que sa première adjointe Anne Hidalgo a sa préférence, une primaire ouverte aura probablement également lieu. Un rapport récent du think tank Terra Nova plaide pour que de telles pré-élections soient organisées dans les grandes villes à reconquérir ou dans celles dans lesquelles le sortant de gauche ne se représente pas. Harlem Désir, premier secrétaire du PS, a déjà acté le principe de ces primaires à Marseille.

Jean-Marie Le Guen, député du XIIIe arrondissement, devrait affronter Anne Hidalgo lors de cette primaire, avec des chances réduites de l’emporter sur la favorie du camp Delanoë.

S'il devait y avoir une candidature écologiste à Paris avec une chance de l'emporter, ce serait sans doute celle de Cécile Duflot, qui avait remporté l’imperdable 6e circonscription parisienne (XIe et XXe arrondissements), en utilisant elle aussi le parachutage Navigo (elle était élue de Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne).

Hommes vs Femmes, ou locaux vs parachuté(e)s

A Paris, une ville à l’électorat progressiste où même la droite doit présenter une personnalité moderne pour espérer gagner —d'où l'abstention «engagée» de NKM lors du vote de la loi sur l'instauration du mariage pour tous—, la ligne de fracture ne sera donc pas homme/femme. Serait-elle plutôt celle qui opposera, dans chaque camp, les parachuté(e)s aux locaux et élu(e)s de terrain?

A droite, les deux autres candidats déclarés fustigent le parachutage de NKM… Et Rachida Dati, elle-même, avait subi ces critiques en 2008 lors de son arrivée dans le VIIe arrondissement. Elle avait par la suite dénoncé le «parachutage» de François Fillon dans «sa» circonscription, lorsqu'en 2012 l'ancien Premier ministre avait préféré la deuxième circonscription de Paris (qui s'étend sur le Ve et des parties des VIe et VIIe arrondissements) à la Sarthe, son fief électoral historique.

A Paris, les candidats sont presque tous les parachutés de quelqu'un.

Jean-Laurent Cassely Journaliste

Newsletters

Pourquoi les «idéopôles» votent-ils encore à gauche?

Pourquoi les «idéopôles» votent-ils encore à gauche?

Depuis le milieu des années 1990, ces villes post-industrielles fondées sur l'économie de la connaissance sont de nouveaux bastions du PS. Il y a mieux résisté aux municipales, mais est menacé par la gauche alternative, qui confirme son implantation.

Nathalie Kosciusko-Morizet dit qu'elle est majoritaire en voix à Paris. Et si elle avait raison?

Nathalie Kosciusko-Morizet dit qu'elle est majoritaire en voix à Paris. Et si elle avait raison?

La droite a peut-être perdu Paris en sièges, mais elle l'a gagné en voix. Cet argument, dont nous vous parlions déjà au lendemain du second tour des municipales, a fait son retour dans le débat politique ces derniers jours. Notamment par la voix...

Le vote sanction des quartiers contre la gauche expliqué par l'acteur Saïd Taghmaoui

Le vote sanction des quartiers contre la gauche expliqué par l'acteur Saïd Taghmaoui

Dans un entretien à Slate, l'acteur de «La Haine» justifie son soutien à l'UMP Bruno Beschizza, nouveau maire d'Aulnay-sous-Bois. Un ralliement qui illustre la fin de la relation privilégiée entre une partie des habitants des banlieues et la gauche.

Newsletters