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Pour la presse britannique, scandale en France = DSK

Dominique Strauss-Kahn sur TF1, le 18 septembre 2011. REUTERS/Francois Guillot/Pool.

Huit étudiants de l'Institut d'études politiques de Bordeaux passaient, mercredi 6 février, un entretien préalable au conseil de discipline pour avoir adhéré à un groupe Facebook «Osez le masculisme» et proféré par ce biais des insultes sexistes violentes. Le Daily Mail, un tabloïd britannique, rapporte l'affaire ainsi:

«Un groupe sexiste faisait l'apologie du viol collectif et suggérait la simulation d'une agression sexuelle sur une organisation féministe dans l'ancienne prestigieuse université française de Dominique Strauss-Kahn, l'ex-directeur du FMI tombé en disgrâce.»

Le tout assorti d'une photo de DSK, qui n'a pourtant jamais étudié à Bordeaux: il est diplômé de Sciences Po Paris, et les deux établissements n'ont pas de liens juridiques entre eux.

Comment le Telegraph, quotidien plus prestigieux, relate-t-il l'histoire? Première phrase de l'article:

«Avec d'anciens élèves tels que Dominique Strauss Kahn, l'ancien président du FMI déshonoré, ainsi que le président François Hollande et d'anciens présidents comme Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac et François Mitterrand, l'Institut d'études politiques constitue un réseau de prestigieuses institutions qui ont traditionnellement éduqué les élites françaises.»

La presse anglo-saxonne semble avoir trouvé en Dominique Strauss-Kahn un personnage pour tous ses articles sur les scandales ou affaires impliquant la France. Il est devenu à la fois l'un des Français les plus connus (joie des symboles) et l'indice affriolant que l'article va s'avérer scabreux, ou plein de détails intrigants.

La couverture de l'annonce de la mort Richard Descoings, alors directeur de Sciences Po Paris, laissait déjà apercevoir cette tendance. Reuters expliquait ainsi:

«Dans le sillage du scandale de l'été dernier autour de Dominique Strauss-Kahn dans la chambre d'hôtel du Sofitel de New York, un deuxième incident impliquant une figure française d'envergure surprend.»

Et déjà alors, le nom de DSK servait d'éléments de contexte pour Reuters —«l'ancien président déchu du FMI Dominique Strauss Kahn travaillait à l'IEP en tant que professeur»— ou le Daily Mail: «Le directeur de l'université française où DSK enseignait retrouvé mort»...

L'ancien directeur du FMI, qui a récemment conclu un arrangement dans l'affaire du Sofitel et est encore mis en examen dans l'affaire du Carlton de Lille, est devenu pour la presse anglo-saxonne ce que sont Hitler et les chatons pour les journalistes web: la garantie d'être lu.

C.P.

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