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Les dissidences ont coûté une dizaine de circonscriptions à Europe Ecologie-Les Verts

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 18.06.2012 à 18 h 21

Cécile Duflot et François Hollande à l'Elysée, le 7 juin 2012. REUTERS/John Schults.

Cécile Duflot et François Hollande à l'Elysée, le 7 juin 2012. REUTERS/John Schults.

Au moment de la signature de l’accord PS-EELV en octobre dernier, les écologistes misaient sur 25 à 30 députés dans la future Assemblée nationale en cas de victoire de François Hollande à la présidentielle.

Leur calcul était juste: s’ils ne décrochent que 17 députés dans la future Assemblée nationale (et bientôt 16 quand la socialiste Danièle Hoffman-Rispal aura remplacé Cécile Duflot à Paris), ils ont probablement perdu, du fait de dissidences, une petite dizaine de sièges qui sont quand même tombés à gauche. Soutenus par des élus socialistes locaux, des candidats PS (exclus ensuite du parti) ou divers gauche se sont déclarés et ont finalement emporté la mise.

Soutiens de Collomb et Montebourg

A l’exception de Annie Le Houérou dans les Côtes d’Armor, ces dissidents ont pour la plupart détrôné des députés de droite: c’est par exemple le cas des divers gauche Jean-Luc Bleunven (Finistère, en faveur de qui la candidate EELV-PS, qui pouvait se maintenir en triangulaire, s’était désistée), Serge Bardy (Maine-et-Loire, contre l’ancien ministre Hervé de Charette) et Guy-Michel Chauveau (Sarthe) et du PS Yves Goasdoué (Orne).

Les deux cas les plus médiatisés sont ceux de Thierry Braillard (PRG, mais avec une suppléante PS) dans le Rhône et Edith Gueugneau en Saône-et-Loire: soutenus par une personnalité locale de poids (le maire de Lyon Gérard Collomb et le ministre du Redressement productif et président du conseil général du département Arnaud Montebourg), ils ont éliminé le candidat EELV au premier tour avant de finir le travail au second contre le sortant UMP.

A signaler aussi le cas particulier de Roubaix, où le dissident ex-PS et le candidat EELV-PS se sont retrouvés face à face au second tour: à Roubaix, Dominique Baert a écrasé l’écologiste Slimane Tir avec 70% des voix. «On ne choisit pas à Lille ou à Paris le député pour Roubaix et Wattrelos», s’est félicité Baert après sa victoire contre un candidat qui l’avait jugé «disqualifié».

«Des cicatrices et des séquelles»

Reste enfin un cas où les dissidences ont provoqué l’élimination de tous les candidats de gauche, celui d’EELV-PS compris, au premier tour (la 5e de l’Eure, où le total des voix de gauche atteignait 40% et où le second tour s’est joué en triangulaire); et deux où on peut supposer que des reports de voix un peu justes ont pu coûter à la gauche la victoire.

A Amboise (Indre-et-Loire), Christophe Rossignol a échoué à déloger l’ancienne ministre Claude Greff pour moins de 300 voix, avant de déplorer l’absence de «dynamique positive» créée par une dissidence au premier tour. Et à Toulouse-Balma, l’ancien maire de la ville rose Jean-Luc Moudenc l’a emporté de 350 voix face à François Simon, qui n’avait devancé que de quelques centaines de voix au premier tour le dissident Alain Fillola. «Quand il y a des blessures, il y a des cicatrices et des séquelles. Ces 350 voix, c'est peut-être les séquelles», a noté Simon.

Une «défaite amère» dans laquelle le dissident a lui vu un rappel du «principe de réalité» pour le candidat écologiste. Un principe qui, à une poignée de circonscriptions près —sept des nouveaux députés écologistes ont dû éliminer un dissident au premier tour— a failli coûter son groupe à EELV.

J.-M.P.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (942 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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