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Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard: deux députés atypiques pour représenter le FN

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 17.06.2012 à 23 h 45

Une star des prétoires et une débutante en politique représenteront le FN à l'Assemblée.

Marion Maréchal-Le Pen et Jean-Marie Le Pen. Jean-Paul Pelissier / Reuters

Marion Maréchal-Le Pen et Jean-Marie Le Pen. Jean-Paul Pelissier / Reuters

«Les futures élections sont fondamentales.» A peine battue par le socialiste Philippe Kémel dans la circonscription de son fief d'Hénin-Beaumont, terre ouvrière où elle se serait bien vue «élue du peuple», la présidente du FN Marine Le Pen a voulu montrer que malgré sa défaite personnelle (49,89%), son mouvement allait de l'avant. 

«L'UMP paye ses compromissions politiques, le centre disparaît, c’est dans ce paysage nouveau que nous entendons réunir une grande force d’alternative aux socialistes.»

Sans s'appesantir sur le nom des deux élus, sa propre nièce et le président de son comité de soutien Gilbert Collard, la présidente du FN a insisté dimanche soir sur les «résultats spectaculaires» de son parti, affirmant «qu'une recomposition de la vie politique [était] en marche».

Un «casse-couilles démocratique» et une «marionnette» à l'Assemblée

Avec 49,89%, Marine Le Pen a frôlé la victoire. Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard, respectivement dans le Vaucluse et dans le Gard, ont pour leur part bénéficié de la dynamique «bleu marine» et de l'implantation ancienne du FN dans le Midi de la France. La petite-fille du fondateur du FN (42,09%) a tiré partie d'une triangulaire et du maintien de la candidate du PS, Catherine Arkilovitch, malgré les consignes de son parti.

L'avocat Gilbert Collard s'est imposé (42,82%), lui aussi dans une triangulaire, face à la candidate du PS (41,56%) et à un sortant UMP (15,63%) qui avait un temps envisagé de se retirer à son profit. Collard s'est montré dès l'annonce de son élection à la hauteur de sa réputation:

«J’aurai une mission de casse-couilles démocratique je ne laisserai rien taire, rien passer, en restant très proche des électeurs, c’est le plus beau jour de ma vie d’avoir été élu par tout un peuple de travailleurs, ça oblige.»

Au soir de leur élection, les deux «stars» du Rassemblement bleu marine ont fait preuve d'une certaine retenue dans leurs discours sur leur rôle futur à l'Assemblée, à l'image de Gilbert Collard:

«Je compte utiliser tous les arguments de droit qui existent, je compte faire entendre la voix d’un peuple qui en a assez, je compte utiliser la vraie pédagogie pour faire comprendre aux communautés issues de l’immigration qu’elles ont leur place dans la patrie tant qu’elles respectent la patrie.»

Renouvellement du parti

Quant à Marion Maréchal-Le Pen, benjamine de l'Assemblée que son adversaire UMP avait accusé d'être une «marionnette» dans les mains du fondateur du parti, elle a tenu un discours modéré sur le fond et des plus hésitants sur la forme... «si les élites nous écoutaient, elles mesureraient tout ce dont nous sommes capables, elles comprendraient pourquoi les jeunes français nous rejoignent».

La nièce de la présidente a d'ailleurs mis en avant son jeune âge: «je suis heureuse d'être la porte-parole de cette jeunesse française», a-t-elle déclaré, mettant ensuite le cap sur les prochaines échéances électorales, notamment les municipales à Carpentras.

Au-delà de ce qui les sépare, le juriste confirmé et l'étudiante en droit ont en commun de faire partie des troupes du renouvellement du parti d'extrême droite, qui opère sa mue vers un modèle de parti populiste qui bien que lancé dans une quête de respectabilité, ne veut pas évoluer vers une normalisation qui en ferait un parti comme les autres...

Peu expérimentée du fait de son jeune âge pour l'une, rallié tardivement à la cause mariniste pour l'autre, ces deux députés atypiques porteront-ils un message différent des précédents députés FN? A l'époque isolés dans l'hémicycle, Marie-France Stirbois (1989-1993) et Jean-Marie Le Chevallier (1997-1998) avaient à l'époque bataillé en solitaires pour imposer les thèmes chers au FN: préférence nationale, interdiction de l'IVG ou rétablissement de la peine de mort.

En fait, il y aura trois députés d'extrême droite

Reste le cas de Jacques Bompard, qui triomphe avec 58,80% des voix. Ex-FN, dont il a été député lors de la vague 1986-88, désormais élu sous les couleurs de son parti régionaliste, la Ligue du Sud, le maire d'Orange fait son retour à l'Assemblée dans l'indifférence médiatique générale. Or il n'a politiquement pas bougé depuis qu'il était investi par le Front national, qui pourrait reconnaître en lui un allié dans l'hémicycle, faute d'y voir un ami de la famille.

J.-L. C.

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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