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Le PS et ses proches alliés obtiennent la majorité absolue à l'Assemblée

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 18.06.2012 à 1 h 23

En comptant le Front de gauche (qui perd son groupe parlementaire) et EELV (qui va pouvoir en constituer un), la gauche atteint 341 sièges. Avec deux élus, le FN va faire son retour à l'Assemblée.

Place de la Bastille, le 6 mai.

Place de la Bastille, le 6 mai.

La majorité présidentielle sera plurielle, mais avec une écrasante dominante rose: selon les résultats définitifs diffusés par le ministère de l'Intérieur, elle a recueilli 331 sièges sur 577, dimanche 17 juin, lors du second tour des législatives, dont 314 sièges pour le PS et ses proches alliés PRG et DVG.

Dans le détail, le PS a obtenu 280 sièges (la majorité absolue étant fixée à 289), les divers gauche (parmi lesquels plusieurs PS dissidents et les chevènementistes) 22 sièges et les radicaux de gauche 12.

Europe Ecologie-Les Verts (qui compte actuellement deux représentants au gouvernement, Cécile Duflot et Pascal Canfin) réussit de justesse son pari, puisqu’il remporte 17 sièges, permettant aux écologistes de dépasser pour la première fois les quinze sièges nécessaires à la formation d'un groupe parlementaire. Le Front de gauche perd en revanche son groupe, puisqu'il recueille seulement 10 sièges.

>>Lire notre analyse des résultats d'EELV et du Front de gauche

Mieux qu'en 1988 et 1997, moins bien qu'en 1981

C’est une victoire de grande ampleur pour la gauche, plus large qu’en 1988 (le PS et ses alliés avaient alors besoin de l’appui de députés centristes ou communistes pour atteindre la majorité) et qu’en 1997 (où l’ensemble des forces de gauche, toutes représentées au gouvernement, atteignait 320 sièges sur 577, et le PS et ses alliés «proches» n'avaient pas la majorité absolue).

Elle reste légèrement inférieure à celle de 1981, où la gauche avait remporté deux tiers des sièges à l’Assemblée dans la foulée de sa première victoire à la présidentielle. En ajoutant les 10 sièges du Front de gauche (qui n’avait pas passé d’accord électoral avec le PS et ne s’est pas encore prononcé sur son éventuelle entrée au gouvernement), la gauche atteint 341 sièges.

Même en tablant sur le fait que la grosse vingtaine de ministres élus (les membres du gouvernement Ayrault ont réalisé un grand chelem, avec notamment la victoire de Marie-Arlette Carlotti sur Renaud Muselier à Marseille) ne pourront pas siéger ni être remplacés par leurs suppléants pendant un mois, elle pourra donc faire adopter très vite des textes à l’Assemblée.

En revanche, il va lui manquer près de quarante sièges pour atteindre la majorité des 3/5e au Congrès, en comptant les 177 sénateurs qui lui assurent une majorité dans l'autre chambre depuis l'automne dernier, qui vient s'ajouter à celle dont elle dispose déjà dans les exécutifs locaux (communes, départements, régions).

>>Lire notre analyse des pouvoirs aujourd'hui détenus par la gauche

La droite perd 110 élus

L’UMP et le Nouveau centre perdent de leur côté au moins un tiers de leurs élus: divers droite compris, l'ancienne majorité totalise 229 sièges, soit environ 110 de moins que dans la précédente assemblée. Le secrétaire général de l'ancien parti majoritaire, Jean-François Copé, a été sans surprise réélu à Meaux avec près de 60% des voix; Xavier Bertrand (50,25% à Saint-Quentin) et Nathalie Kosciusko-Morizet (51,48% à Longjumeau) sont eux réélus d'extrême justesse.

Mais Michèle Alliot-Marie a été battue dans les Pyrénées-Atlantiques, de même que Nadine Morano en Meurthe-et-Moselle ou encore Claude Guéant, dont le parachutage dans les Hauts-de-Seine s'est fracassé contre un candidat dissident. D'autres députés sortants plutôt «droitiers» ont été battus, comme Manuel Aeschlimann dans les Hauts-de-Seine, Eric Raoult en Seine-Saint-Denis, Brigitte Barèges dans le Tarn, Valérie Rosso-Debord en Meurthe-et-Moselle, Maryse Joissains-Masini dans les Bouches-du-Rhône... A signaler aussi, parmi les anciens ministres battus, Hervé Novelli en Indre-et-Loire, Georges Tron dans l'Essonne ainsi que Frédéric Lefebvre et Marie-Anne Montchamp chez les Français de l'étranger.

>>Lire notre analyse des résultats des anciens ténors du sarkozysme

Bayrou perd son siège, le MoDem garde deux élus

Sans surprise, la triangulaire de Pau a été fatale à François Bayrou, battu par la socialiste Nathalie Chabanne. Le MoDem aura deux députés dans la future Assemblée, Thierry Robert (La Réunion) et Jean Lassalle (Pyrénées-Atlantiques).

>>Lire notre article sur la défaite de François Bayrou

La défaite amère de Royal

Pour la gauche, cette victoire est cependant ternie par la large défaite de son ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal face au dissident Olivier Falorni, après une semaine marquée par le psychodrame autour du tweet de soutien à ce dernier de Valérie Trierweiler, la compagne de François Hollande.

La candidate battue a elle-même annoncé son échec peu avant 20 heures, tandis que le vainqueur a déclaré avoir été élu «sur le programme de la majorité présidentielle» et être prêt à siéger dans cette majorité pour défendre «la politique de François Hollande». Si Martine Aubry a exclu la réintégration de ce député élu «avec les voix de la droite et d'extrême droite», le probable futur chef de file des députés PS, Bruno Le Roux, a estimé que le problème de sa réintégration «se posera car il s'est toujours revendiqué du Parti socialiste».

>>Lire notre article sur la défaite de Ségolène Royal

Retour du FN

Autre ombre au tableau: le retour dans l'hémicycle, après quinze ans d'absence, du FN grâce à la victoire de Marion Maréchal-Le Pen, la petite-fille du fondateur du parti, à Carpentras, où une candidate socialiste arrivée troisième au premier tour s'était maintenue en triangulaire, et de Gilbert Collard dans le Gard. Marine Le Pen a elle été battue de 118 voix à Hénin-Beaumont, où elle a annoncé le dépôt d'un recours, tandis que Valérie Laupies et Stéphane Ravier ont raté de peu l'élection dans les Bouches-du-Rhône, avec 49% des voix.

>>Lire notre analyse: Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard, deux députés atypiques pour le FN

J.-M.P.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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