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Tweet de Valérie Trierweiler: entre Molière et Desperate Housewives pour les médias étrangers

Grégoire Fleurot, mis à jour le 13.06.2012 à 13 h 56

François Hollande et Valérie Trierweiler. REUTERS/Bertrand Langlois/Pool

François Hollande et Valérie Trierweiler. REUTERS/Bertrand Langlois/Pool

Le tweet de Valérie Trierweiler encourageant Olivier Falorni, le candidat dissident opposé à Ségolène Royal aux élections législatives à La Rochelle, a provoqué beaucoup de commentaires dans les médias français, mais également à l’étranger.

Aux Etats-Unis, le New York Times voit dans l’affaire une histoire comme on n’en trouve qu’en politique française, ou dans la littérature:

«On aurait dit une scène de Molière, ou de Macbeth: la compagne actuelle de monsieur Hollande se démarque de la position de son parti et essaye de saper celle qui l’a précédée dans le cœur du président.»

Le site américain Daily Beast utilise une comparaison plus contemporaine avec une série hollywoodienne:

«La bataille de La Rochelle aurait pu n’être qu’une affaire provinciale se réglant tranquillement dans les urnes. Mais tout d’un coup elle ressemble plus à Desperate Housewives, et on n’est plus très loin de la vacherie pure et simple.»

«Si le premier couple de France voulait éviter les rumeurs, le tweet de Trierweiler n’était pas la meilleure manière de s’y prendre, conclut la journaliste Tracy McNicoll. Mais il y a d’abord une élection à gagner.»

Le quotidien britannique The Guardian voit pour sa part dans l’affaire du tweet une expression de tous les risques qu’entraîne la situation de Valérie Trierweiler, qui veut être à la fois journaliste et compagne du président:

«La saga, qui a immédiatement dominé tous les médias, semble correspondre à tous les stéréotypes et critiques auxquels Trierweiler essaye d’échapper, et principalement le fait qu’elle interfère dans la politique.»

Le quotidien espagnol El Pais estime que l’affaire pourrait avoir des conséquences sur le vote du second tour:

«Le sentiment inévitable de guerre ouverte entre les deux dames qui ont marqué la vie de Hollande semble être le point faible du président “normal” et certains pensent qu'elle pourrait même changer la tendance dans certaines circonscriptions qui semblaient tranquilles.»

Pour le blog qui suit l’actualité française Superdupont du Corriere della Sera, cette affaire «sentimentalo-politique» signe déjà «la fin, après un peu plus d’un mois à peine, de la présidence normale tant voulue par François Hollande».

Enfin, sur le site du quotidien belge Le Soir, Béatrice Delvaux signe une chronique sous forme de lettre ouverte à François Hollande et à Valérie Trierweiler. Elle y écrit notamment que Nicolas Sarkozy «avait fait mieux» que son successeur en faisant en sorte que ses histoires de couple ne soient «connues et confirmées qu'au bout de son mandat», alors que Valérie Trierweiler «nous fait vivre l'affaire en direct, version numérique». La journaliste se montre particulièrement critique envers la compagne de François Hollande:

«Qu'il y ait un problème de statut pour la première dame: OK. Que vous vous interrogiez sur ce que vous allez devenir une fois cette aventure élyséenne terminée, OK. Que vous ne vouliez pas exposer vos fils à cette aventure meurtrière du pouvoir, bravo!

Mais bon sang, travaillez à des solutions pour ce statut et sauvez les épouses de tous les diplomates que porte cette terre depuis votre bureau, à l'ombre de votre cabinet. Et épargnez-nous votre délire existentiel!»

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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