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Quinze députés vont être élus avec 100% des voix le 17 juin

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 17.06.2012 à 12 h 46

One Hundred  100 Century C. Smabs Sputzer via Flickr CC License by.

One Hundred 100 Century C. Smabs Sputzer via Flickr CC License by.

Leurs opposants pourront moquer un score à la soviétique: selon notre pointage, quinze députés vont être élus avec 100% des suffrages exprimés le 17 juin. Explication: dans leur circonscription, le candidat arrivé second appartient au même camp qu'eux et n'a pas maintenu sa candidature (l'heure limite était fixée à 18 heures ce mardi 12 juin); or, il n'existe pas de «repêchage» dans ce cas de figure, et le candidat arrivé troisième ne peut se maintenir que s’il dépasse les 12,5% des inscrits.

L’immense majorité de ces situations concerne la région parisienne et des duels PS-Front de gauche. En dehors de l’Ile-de-France (cinq cas en Seine-Saint-Denis, département le plus «hollandiste» de France le 6 mai, deux dans le Val-de-Marne, un dans les Hauts-de-Seine et à Paris), on compte trois cas dans le Nord, deux en Seine-Maritime et un dans le Cher.

Derrière cet étrange scénario, la règle du «désistement républicain» en faveur du candidat le mieux placé à gauche et à droite. Prévue pour les triangulaires, celle-ci s'applique aussi parfois aux duels, pour éviter de faire arbitrer une rivalité par les électeurs du camp adverse... 

Un seul cas à droite, à Paris

A droite, on ne compte qu’un cas, dans la 4e circonscription de Paris (XVIe-XVIIe arrondissements), où la maire du XVIIe Brigitte Kuster (UMP dissidente) s’est retirée, assurant par avance la victoire du sortant Bernard Debré, la candidate de gauche Agnès Pannier ayant plafonné à 10% des inscrits.

A gauche, les quatorze cas constatés profiteront cinq fois au Front de gauche et neuf fois au PS ou ses alliés, qui vont déboulonner de cette manière plusieurs députés sortants de leur partenaire/adversaire, comme à Montreuil, où Razzy Hammadi a battu Jean-Pierre Brard, à Gennevilliers, où Alexis Bachelay, 39 ans, a terrassé Roland Muzeau, ou au Havre, où Catherine Troallic a devancé de 83 voix Jean-Paul Lecoq. A quelques dizaines de voix près, c’est donc ce dernier qui s’apprêterait à l’emporter avec 100% des voix au second tour…

Cette absence de choix au second tour suscite bien sûr des critiques: «On l’a bien compris, il n’y a pas là, dans ce petit arrangement entre partis, de souci de la démocratie, mais plutôt celui de préserver de fragiles équilibres locaux pour les échéances électorales à venir», se plaint d'ailleurs Le Berry Républicain dans un billet publié ce mardi, à propos de la 2e circonscription du Cher.

Le groupe «les Dépités de la République» y propose d'ailleurs aux électeurs de venir déposer le bulletin de leur choix –pas, donc, limité au seul candidat du Front de gauche– ce dimanche dans une urne installée place de la République, à Vierzon.

Des ratés à Roubaix, Saint-Denis et La Rochelle

Comme toute règle, celle du désistement républicain a bien sûr ses ratés. On dénombre ainsi trois duels centre droit-droite ou droite-droite au second tour (deux dans le Bas-Rhin et un en Vendée) et trois duels très polémique à gauche.

Le premier, à Roubaix, opposera le député socialiste sortant Dominique Baert, candidat dissident, à l’écologiste Slimane Tir, soutenu par le PS local, sur fond de consignes de Marine Le Pen, qui a placé Tir sur sa liste noire. Le second, à Saint-Denis, le député sortant Patrick Braouezec à celui qui l'a devancé au premier tour, le socialiste Mathieu Hanotin.

L’autre opposera bien sûr Ségolène Royal à Olivier Falorni à La Rochelle, et a rebondi ce mardi avec le tweet de soutien au candidat dissident de Valérie Trierweiler, la compagne de François Hollande. Le fait que Royal se retrouve seule en lice en cas de retrait avait d'ailleurs été évoqué par le dissident lundi sur Europe 1, qui expliquait que la candidature unique, «c'était du temps de l'URSS, pas dans la France du XXIe siècle».

Hausse de l'abstention et du vote blanc

Une critique qui trouve un écho dans celles des candidats et des électeurs des circonscriptions où il n'y aura qu'un candidat dimanche. «Il est bien pour la démocratie qu'il y ait deux candidats», a ainsi déclaré Bruno Vandeville, candidat MoDem de la 17e circonscription du Nord, qui aura le choix entre le bulletin Marc Dolez et le bulletin Dolez Marc.

Ou le vote blanc ou l'abstention. En 2007, deux circonscriptions étaient dans ce cas de figure, la 19e du Nord et, déjà, la 7e de Seine-Saint-Denis de Jean-Pierre Brard: résultat, 20 points d'abstention en plus, et 25 à 30% de bulletins blancs ou nuls... Qui ne sont pas comptabilisés dans le résultat principal, qui reste un beau 100% tout rond.

Jean-Marie Pottier

Mis à jour le 14 juin avec l'initiative des «Dépités de la République»

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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