France / Politique

Avec Marion Maréchal-Le Pen, la troisième génération veut s'intégrer durablement dans le Vaucluse

Temps de lecture : 2 min

Marion Maréchal-Le Pen à Paris, le 10 juin 2010. REUTERS/Gonzalo Fuentes.
Marion Maréchal-Le Pen à Paris, le 10 juin 2010. REUTERS/Gonzalo Fuentes.

Marine Le Pen a donné au Front national un visage jeune, féminin et souriant qui tranchait avec la brutalité de son père, fondateur du parti d'extrême droite. La petite-fille de ce dernier, Marion Maréchal-Le Pen, franchit un pas supplémentaire dans la dédiabolisation de l'image du parti, au point qu'on pourrait plutôt parler de stratégie de séduction à son propos.

Vous l'imaginez, frêle blonde de 22 ans, profaner une sépulture juive en pleine nuit? Pas vraiment. Et ça tombe plutôt bien, puisque la mission de Marion Maréchal-Le Pen, étudiante en droit à l'université de Paris-Assas, est de «laver l'affront» fait à son grand-père, selon la belle histoire qu'a propagée le FN. Accusé à tort de liens avec les néonazis responsables de la profanation du cimetière juif de Carpentras en 1990, le parti avait été pointé du doigt par les médias et les responsables politiques, et disculpé quelques années plus tard.

Le PS devrait opter pour le «désistement républicain»

Missionnée par le FN dans la 3e du Vaucluse, Marion Maréchal-Le Pen a été envoyée dans une circonscription gagnable: c'est celle qui a le plus voté pour le FN au premier tour de l'élection présidentielle. Mais Marion Maréchal fait mieux, se plaçant en première place au premier tour des législatives, avec 34,63% des voix quand sa tante en remportait 31,50% le 22 avril dernier.

La triangulaire qui pourrait l'opposer au député UMP sortant Jean-Michel Ferrand (30,03%) et à la candidate PS Catherine Arkilovitch (21,98%) laisse le jeu ouvert pour le scond tour. Membre de la Droite populaire, Ferrand n'est pas du genre «droite molle», pour reprendre les termes de Marion Maréchal prononcés le 10 juin à propos de l'UMP... Réélu depuis 1993, il pensait ne faire qu'une bouchée de la jeune parachutée. Laquelle se verrait bien plus jeune députée de l'Assemblée... et de la Vème République.

Avec comme suppléant Hervé de Lépinau, membre de la Ligue du Sud, le parti d'extrême droite régionaliste du maire d'Orange Jacques Bompard (ex-FN), Marion Maréchal-Le Pen a désactivé le risque d'éparpillement des voix de son camp au premier tour, même si la candidate divers droite Astrid Ducros grapille 1,82% des suffrages. Mais dans le cadre d'un maintien de son opposant de l'UMP, il est difficile de savoir si les électeurs vauclusiens pencheront pour le vieux député implanté ou choisiront celle que son adversaire qualifie de «marionnette» du FN.

Dernière inconnue décisive: alors que Martine Aubry a appelé les candidats du PS arrivés en troisième position dans des triangulaires à procéder au «désistement républicain» pour barrer la route au FN, précisant même explicitement que la consigne s'appliquait à Catherine Arkilovitch, la candidate indiquait dimanche soir qu'elle souhaitait se maintenir.

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