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EELV et le Front de gauche ne sont pas assurés d'un groupe à l'Assemblée

Yannick Cochennec, mis à jour le 11.06.2012 à 1 h 49

Les écologistes sont notamment victimes des accrocs locaux à leur accord avec le PS. Affaibli par la défaite de Mélenchon, le Parti de gauche perd lui un de ses deux députés sortants.

Jean-Luc Mélenchon à Hénin-Beaumont, le 10 juin 2012. REUTERS/Jean-Yves Bonvarlet

Jean-Luc Mélenchon à Hénin-Beaumont, le 10 juin 2012. REUTERS/Jean-Yves Bonvarlet

Ils pensaient pouvoir peser sur le PS, mais Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et le Front de Gauche ne sont pas assurés de pouvoir constituer un groupe parlementaire, c’est-à-dire de réunir un minimum de 15 députés chacun.

D'après les premières estimations des instituts de sondage, EELV aurait rassemblé de 5 à 6% des suffrages exprimés lors ce premier tour des élections législatives. En termes de sièges, les instituts attribuent au parti, qui avait conclu en novembre un accord politique et programmatique avec le PS, 8 à 14 sièges (Ipsos), 12 à 16 sièges (TNS-Sofres) et 12 à 18 sièges (CSA).

Le Front de gauche, pour qui la défaite de Jean-Luc Mélenchon à Hénin-Beaumont a été un petit coup de tonnerre, n'est pas assuré de son côté de garder son groupe, obtenant de 13 à 20 élus selon les sondeurs.

«Suites à donner aux accords locaux»

Pour David Cormand, chargé des élections de la formation écologiste cité par l’AFP, «les candidatures autonomes d'EELV [les circonscriptions où il n'y avait pas d'accord avec le PS, ndlr] ont fait des bons scores. Après des scores décevants à l'élection présidentielle, la démonstration est faite que la place de l'écologie n'est pas à 2%», selon lui. «On progresse aussi sensiblement par rapport à il y a cinq ans», où les Verts avaient réuni 3,25% des suffrages, note-t-il aussi. Mais dans les circonscriptions «réservées» par l'accord avec les socialistes, si celui-ci a été «respecté au niveau national, il l'a moins été dans les territoires. Il faudra analyser ça, et notamment les suites à donner aux accords locaux», a-t-il prévenu.

Parmi les sortants de EELV, Noël Mamère a conservé son siège dès le premier tour à Bègles-Bordeaux avec plus de 53% des voix. François de Rugy, arrivé en tête avec près de 48% des voix dans la 1ere circonscription de Loire-Atlantique, est quasiment assuré de retrouver sa place au Palais-Bourbon face à François Pinte (UMP), loin derrière avec 31,8% des suffrages. Anny Poursinoff, seule députée de gauche des Yvelines, est dans une position plus fragile face à Jean-Frédéric Poisson (UMP), avec qui elle est à égalité.

Sinon, parmi ceux qui devraient rejoindre l’Assemblée Nationale (c’était attendu), citons Cécile Duflot et Denis Baupin dans les 6e et 10e circonscriptions de Paris (48% et 44% des voix). En revanche, dans la 1e circonscription du Rhône, Philippe Meirieu, investi par le PS et EELV, est battu par un dissident, Thierry Braillard, soutenu par Gérard Collomb, le maire de Lyon. Meirieu s’est retiré et apporte son soutien à Braillard. Une grosse déconvenue pour la stratégie du PS et EELV.

Dans la 2e circonscription des Alpes-Maritimes, André Aschieri (28,72%), adoubé par EELV et le PS, est lui en grande difficulté face à Charles-Ange Ginesy (UMP, 35,78%), Jean-Marc Degioanni (FN) ne pouvant se maintenir malgré ses 21,06%. Un signe que EELV pourrait avoir beaucoup de peine à atteindre son objectif.

«J'espère surtout qu'on aura un groupe»

Du côté du Front de gauche, l’ancienne ministre communiste Marie-George Buffet a dit «merci» à Jean-Luc Mélenchon pour avoir mené «un combat sur les valeurs» face à Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais. «J'espère surtout qu'on aura un groupe du FG pour que la gauche réussisse, a-t-elle ajouté. Nous avons une volonté d'avoir une démarche très constructive pour aider la gauche à répondre aux attentes populaires.» Ce qui n’est pas encore complètement acquis, on l’a souligné.

Parmi les députés PC en position délicate avant le premier tour, Jean-Pierre Brard (32%) a été devancé par Razzy Hammadi (37%) dans la 7e circonscription de Seine-Saint-Denis, l'UMP Muriel Bessis n'étant pas en position de se maintenir. Dans la 11e du même département francilien, où la campagne fut sans pitié, François Asensi a en revanche devancé Stéphane Gatignon, le maire écologiste de Sevran, la candidate UMP Martine Valleton ne pouvant pas non plus se maintenir.

Parmi les bonnes nouvelles, Marc Dolez, candidat du Parti de Gauche dans la 17e circonscription du Nord, domine de huit points la candidate socialiste, Monique Amghar, qui s’est aussitôt retirée, assurant, par avance, le succès du sortant, qui sera seul en lice le 17 juin. En revanche, l'autre députée sortante du parti, Martine Billard, a été sans surprise devancée par la socialiste Seybah Dagoma dans les 3e et 10 arrondissements de Paris. Enfin, parmi les figures médiatiques du parti, François Delapierre, bras droit de Jean-Luc Mélenchon lors de la présidentielle, a été  nettement battu par le PS Malek Boutih dans la 10e circonscription de l’Essonne.

Yannick Cochennec

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Journaliste
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