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Le Front national, poison de l'UMP

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 11.06.2012 à 9 h 34

Le Front national aura du mal à obtenir des députés le 17 juin. Sa véritable force sera dans sa capacité à faire élire ou battre des candidats de droite.

Marine Le Pen en meeting à Paris, le 1er juin 2012. REUTERS/Julien Muguet

Marine Le Pen en meeting à Paris, le 1er juin 2012. REUTERS/Julien Muguet

Entre 13,8% et 14,1% des voix, plusieurs dizaines de triangulaires et une espérance de 0 à 3 sièges. Le FN peut-il se satisfaire de son score au soir du premier tour des élections législatives? Sans doute, si on fait le compte du nombre de députés de l’histoire du FN, mis à part l’épisode 1986-88 qui avait vu le mode de scrutin changer et 35 députés FN entrer à l’Assemblée. En conditions de scrutin majoritaire, le FN n’a eu dans son histoire que trois députés élus.

Or, sa présidente Marine Le Pen, plusieurs de ses lieutenants et candidats emblématiques du Rassemblement bleu Marine se maintiennent pour le second tour. Avec une chance de l’emporter?

«Compte tenu de l'abstention et d'un mode de scrutin profondément anti-démocratique qui depuis 25 ans a privé des millions d'électeurs de députés, nous confirmons ce soir notre position de troisième force politique de France», a déclaré la présidente du FN, qui avait déjà affirmé qu’avoir ne serait-ce qu’un député siégeant à l’Assemblée serait une «victoire».

11e circonscription Pas-de-Calais

C’est Marine Le Pen elle-même qui a remporté le plus gros score de cette première manche: arrivée en tête avec 42,36% des voix dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, elle fait d’une pierre deux coups et se débarrasse de son opposant emblématique, le leader du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon. Elle sera opposée au candidat du PS Philippe Kemel (23,50%), pour lequel Jean-Luc Mélenchon a appelé à voter, et un front républicain sans doute solide.

2e circonscription du Gard

C’est sur cette circonscription que le FN mise le plus pour une victoire. L’avocat Gilbert Collard, président du comité de soutien de Marine Le Pen pendant la campagne présidentielle, arrive en tête avec 34,57% des voix. Katy Guyot (PS, 32,87%) et Etienne Mourrut (UMP, 23,89%) feront également partie du casting de cette triangulaire. Dont l’issue dépendra de la décision du dernier arrivé de se désister (pour qui?) ou de se maintenir.

3e circonscription du Vaucluse

Marion Maréchal-Le Pen est qualifiée pour le second tour. Avec 33% des voix, la nièce de la présidente du parti et petite-fille de son fondateur Jean-Marie Le Pen arrive en première place dans cette circonscription qui suscite beaucoup d’espoirs au FN. Elle fait même mieux que sa tante au premier tour de l’élection présidentielle (31,50%) dans cette circonscription qui avait pourtant donné son meilleur score à la présidente du FN. Le maintien du député sortant Jean-Michel Ferrand dans le cadre d’une triangulaire laisse cependant incertaine l’issue du second tour.

16e circonscription des Bouches-du-Rhône

Le président de la région Paca Michel Vauzelle affrontera en triangulaire Valérie Laupies, candidate FN (28,98%) et l’UMP Roland Chassain (22,62%), qui avait annoncé avant les élections qu’il pourrait se retirer en faveur du Front national pour éviter que la gauche ne passe. Dimanche 10 juin au soir, il a affirmé qu'il allait «réfléchir encore une nuit» avant un éventuel désistement.

Le nombre de députés FN, vrai-faux enjeu du scrutin?

Pour symbolique qu’elle puisse être, l’entrée de députés FN sera néanmoins numériquement anecdotique. Au-delà de la tribune dont disposeraient les possibles élus, c’est la capacité de nuisance du FN vis-à-vis de l’UMP qu’il faudra observer dans l’entre deux tours, et au-delà. Le Front national, qui promettait au soir du premier tour «beaucoup de triangulaires», se maintient dans 61 circonscriptions, dont 32 triangulaires.

Interrogée sur le fait que certains candidats UMP ont évoqué publiquement, dans les Bouches-du-Rhône notamment, un possible ralliement à ses candidats, Marine Le Pen avait affirmé sur France 2 avant le premier tour:

«Ce qui est sûr, c’est que nous avons entendu ces appels, nous en discuterons lors du bureau politique qui aura lieu lundi [11 juin, NDLR] après-midi, et nous ferons bien la différence entre ceux qui nous apparaissent être des candidats sincères dans leur démarche, et ceux qui nous apparaissent ne pas être sincères.»

Jusqu’à présent, les leaders de l’UMP, d’Alain Juppé à Jean-François Copé en passant par Claude Guéant, ont rappelé être opposés à toute alliance avec le Front national, tout en refusant de se désister en faveur d’un candidat socialiste, et a fortiori d’appeler à voter pour lui. Nadine Morano a de son côté ouvert le bal des appels ambigus:

«J’en appelle aux électeurs du FN qui partagent nos valeurs et ne veulent pas du droit de vote des étrangers (…) et j’appelle les électeurs du FN à se rassembler derrière ma candidature.»

J.-L. C.

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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