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«Chochottes», «voyous», «godillot»... Débat «vigoureux» entre cinq candidats d'Hénin-Beaumont, dont Mélenchon et Le Pen

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 02.06.2012 à 12 h 49

«Ce que nous faisons, peut-être que c’est vigoureux, mais c’est un débat sur le fond.» Ces mots sont signés Jean-Luc Mélenchon, et le candidat du Front de gauche dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais les a prononcés, samedi 2 juin, lors d’un débat qui le mettait face à quatre de ses concurrents sur France 3 Nord-Pas-de-Calais: Philippe Kemel (PS), Marine Tondelier (EELV), Jean Urbaniak (sans étiquette, soutenu par le MoDem et l’UMP) et bien sûr Marine Le Pen (FN). 

Vigoureux, le débat l’a effectivement été, marqué par de nombreuses piques et attaques entre candidats. «Il y a des gens qui sont élus et qui ont déposé zéro amendement au Parlement européen depuis 2004», a affirmé Marine Tondelier en visant la candidate frontiste. «Je n’ai rien à voir avec les embrouilles qu’il y a aujourd’hui avec mes camarades socialistes», a clamé Jean-Luc Mélenchon en référence aux ennuis judiciaires de l’ancien maire d’Hénin-Beaumont Gérard Dalongeville, mis en examen en 2009 pour détournement de fonds publics. Le candidat du Front de gauche a également reproché à son adversaire socialiste d’être un futur «godillot», ce dernier faisant campagne sur la nécessité pour François Hollande d’avoir une majorité pour appliquer ses propositions.

Marine Le Pen lui a répondu en lui reprochant d’avoir pour suppléant Hervé Poly, un ancien adjoint de Dalongeville, et n’a «réclamé aucune complaisance pour les élus voyous, ceux qui ont spéculé avec l’argent des logements miniers». Revenant sur l’affaire du faux tract qui a empoisonné la campagne ces derniers jours, elle a estimé que «les électeurs ont besoin de savoir que M. Mélenchon est un immigrationniste fou», dénonçant des «pleurnicheries de chochottes».

Jean Urbaniak a lui conclu le débat en lançant à Marine Le Pen: «Les marinistes vont continuer à mariner car vous ne serez pas élue.» Réplique de l’ancienne candidate à la présidentielle: «Moi je serai au second tour et pas vous.»

Les candidats ont également débattu de la situation particulière qui prévaut à Hénin-Beaumont, où se joue un «troisième tour» de la présidentielle entre deux candidats qui n’étaient pas présents au second et qui ne sont pas originaires de la région. Jean-Luc Mélenchon a estimé que «le député est un député de la nation» et que l’élection législative «n’est pas une super élection municipale». Si Philippe Kemel a jugé que ce contexte particulier constituait «l’écume des jours», Marine Tondelier a déploré l’attention médiatique qui s’est concentrée sur Hénin-Beaumont: «On dirait une ville sous occupation, c’est insupportable.»

Dans un sondage Ifop-Fiducial pour le JDD publié le 19 mai, Marine Le Pen arrivait en tête au premier tour (34%) devant Jean-Luc Mélenchon (29%), alors que Philippe Kemel (18%) et Jean Urbaniak (16%) seraient en position plus que précaire pour se maintenir et Marine Tondelier (2,5%) éliminée. Mélenchon l’emportait au second tour aussi bien en duel qu’en triangulaire.

En 2007, le candidat PS Albert Facon était sorti en tête au premier tour (28,2%) devant Marine Le Pen (24,5%) alors que Jean Urbaniak pour le MoDem (13,2%), l’UMP (13%), le PC (11,5%) et les Verts (1,8%) étaient éliminés. Au second tour, il l’avait emporté avec 58,4%.

J.-M.P.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (942 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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