PresidentielleDirect LiveFrance

L'Express répond aux attaques de Jean-Luc Mélenchon

Slate.fr, mis à jour le 30.05.2012 à 16 h 52

Le candidat du Front de gauche à Hénin-Beaumont a qualifié le journal de «proche du FN du fait de ses lecteurs» et de fasciste, et un de ses journalistes d'«espion».

Meeting du Front de gauche à Paris, le 2 avril 2012. REUTERS/Jacky Naegelen

Meeting du Front de gauche à Paris, le 2 avril 2012. REUTERS/Jacky Naegelen

La relation pour le moins difficile entre Jean-Luc Mélenchon et les médias n’est plus à prouver. Un temps spécialisé dans les attaques contre les journalistes-stars de la télévision, le candidat du Front de gauche à Hénin-Beaumont semble s'être tourné vers la presse écrite en cette période de campagne législative, et plus particulièrement vers L’Express. L’hebdomadaire le lui rend bien, puisqu’il a consacré aux attaques de Jean-Luc Mélenchon pas moins de trois articles et un édito en quelques jours.

Le leader du Front de gauche a lancé les hostilités dans un billet sur son blog daté du 28 mai dans lequel il écrit notamment:

«En tête du classement de ceux qui inventent la moitié de leurs informations en vue de recueillir l’autre moitié, les journaux proches du Front national du fait de leurs lecteurs: Le Parisien et L’Express.»

Il y traite le journaliste du Parisien de «facho patenté».

Petit procureur stalinien

Il n’en fallait pas plus pour qu’Eric Mettout, rédacteur en chef de Lexpress.fr, signe mardi 29 mai un billet sur son blog intitulé «Mélenchon et ses oripeaux de petit procureur stalinien», où il écrit:

«Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, le Front national est contre moi, donc L’Express et le Parisien sont proches du Front national. Ionesco s’en serait délecté.

Encore pire? Mélenchon a pris à partie le journaliste de L’Express qui le suit dans son périple législatif, le traitant publiquement de "sale espion" et L’Express de "journal fasciste" – Mélenchon a le verbe fleuri mais l’insulte pauvre.»

Et de citer un communiqué de la Société des journalistes de L’Express qui condamne les propos de Jean-Luc Mélenchon et se conclut comme suit:

«La rédaction de L’Express, le journal de Jean-Jacques Servan-Schreiber, de Françoise Giroud, de François Mauriac, d’Albert Camus, de Raymond Aron… n’a aucune leçon à recevoir de Monsieur Mélenchon. L’histoire de notre titre, dont nous sommes collectivement les héritiers et les garants, nous place à mille lieues de telles calomnies.

La Société des journalistes de L’Express sera à l’avenir particulièrement attentive aux déclarations de Jean-Luc Mélenchon et donnera à ses propos diffamatoires les suites judiciaires appropriées. La liberté de la presse est un bien trop précieux pour laisser les intimidations de quiconque l’empêcher de s’exercer.»

Un verre ça va...

Le lendemain, Renaud Revel, le spécialiste médias de L’Express, reprenait lui aussi le communiqué de la Société des journalistes, y rajoutant cette comparaison que l’intéressé  appréciera:

«Jean-Luc Mélenchon est à la politique ce qu’est l’alcool aux accros du comptoir: un verre ça va, deux verres bonjour les dégâts.»

Quelques heures plus tard, Eric Mettout concluait la contre-attaque de L’Express en publiant un second billet citant l’édito du directeur de la rédaction de son journal, Christophe Barbier, qui relate les deux épisodes où Jean-Luc Mélenchon aurait insulté le journaliste de L’Express qui couvre sa campagne à Hénin-Beaumont. Le billet cite également un communiqué des syndicats CGT et CFDT de L’Express condamnant également les propos du candidat du Front de gauche à la présidentielle.

G.F.

Les candidats et les enjeux dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte