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Jean-François Copé contre François Fillon: le combat des chefs de l'UMP

Cécile Dehesdin, mis à jour le 24.05.2012 à 12 h 11

Jean-François Copé, Bruno Le Maire, Jérôme Chartier, François Fillon, Marc-Philippe Daubresse et Alain Juppé lors du conseil national de l'UMP, le 28 janvier 2012. REUTERS/Gonzalo Fuentes.

Jean-François Copé, Bruno Le Maire, Jérôme Chartier, François Fillon, Marc-Philippe Daubresse et Alain Juppé lors du conseil national de l'UMP, le 28 janvier 2012. REUTERS/Gonzalo Fuentes.

Qui pour prendre la tête de l’UMP maintenant que le parti est orphelin Nicolas Sarkozy? François Fillon a brisé l’espèce d’entende cordiale qui s’était instaurée entre les pontes de l’UMP –en mode «concentrons-nous sur les législatives pour l’instant»– dans un entretien à paraître dans Le Figaro Magazine ce vendredi.

Il y affirme qu’il prendra «toute sa part dans la compétition» pour un nouveau chef, et évacue l’actuel secrétaire général du parti Jean-François Copé d’une phrase:

«Depuis le départ de Nicolas Sarkozy, il n’y a plus  l’UMP de leader naturel. Donc il y a une compétition.»

Copé a immédiatement, mais implicitement répondu, déclarant à quelques journalistes en marge d'un déplacement électoral mercredi 23 mai:

«Vraiment, j'invite tous mes amis, toutes générations confondues, toutes sensibilités confondues à l'UMP à suivre ce chemin de la sagesse qui consiste à ne se mobiliser que dans la perspective des élections législatives.»

Mais François Fillon ne se laisse pas faire, rétorquant ce jeudi 24 dans la matinale de RTL que Copé était hypocrite:

«Quelle hypocrisie! C'est une évidence que le départ de Nicolas Sarkozy laisse l'UMP sans leader naturel! [...] Nicolas Sarkozy manque à l'UMP, c'est lui qui a très largement construit le succès de cette formation politique et il y a un vide depuis son départ que personne ne peut nier. Il n'est jamais trop tôt pour constater des évidences»


François Fillon, ex-Premier ministre, après la... par rtl-fr

Et en disant que si le secrétaire général du parti fait «parfaitement son travail, il ne peut prétendre être le leader de cette formation sans qu'il y ait eu un débat démocratique et que les militants se soient prononcés».

Jean-François Copé a de nouveau évité le conflit direct, quand Jean-Pierre Elkabach l'a interrogé sur Europe 1 sur ces propos de son rival, disant ne pas croire que ces propos lui étaient adressés.

Quand l'éditorialiste insiste sur le terme d'«hypocrite», Copé répond en cherchant à montrer les différences entre lui et Fillon:

«Chacun ses mots. Moi, les miens sont des mots positifs pour ce qui concerne mes amis et ma famille politique. Ce sont tous des mots positifs et de rassemblement depuis la première minute où nous avons engagé la campagne législative.»

Pendant ce temps-là, le reste du parti choisit son camp. Dans un entretien au Figaro, Henri Guaino a estimé que l'UMP «compte beaucoup de talents qui peuvent prétendre demain remplir ce rôle [de leader naturel]. Jean-François Copé occupe une place éminente». Ce qui ne l'a pas empêché d'affirmé sur Europe 1 qu'il n'avait «pas de camp», et que son seul camp était sa «famille politique».

Invitée quant à elle de BFM TV, la grande ennemie de François Fillon Rachida Dati (ils se sont échangé des crasses jusqu'à l'abandon récent de la politicienne dans la course aux législatives) a évidemment soutenu Jean-François Copé:

«Je trouve ça très désagréable et très déloyal vis-à-vis de Jean-François Copé qui est quand même le chef de l'UMP [...] Vous trouvez pas que c'est quand même un petit peu ingrat vis-à-vis de Nicolas Sarkozy? [...] Je trouve qu'il l'a enterré un peu trop vite.»

Sur Sud Radio, le député de Paris Bernard Debré est passé au langage cash, affirmant avoir dit à François Fillon:

«François, il faut fermer sa gueule.»

Il a estimé que cette guerre des petits chefs était «une très grave erreur» parce que la seule façon de gagner les législatives était d'être «uni»:

«Je trouve qu'il est ridicule, lamentable et dangereux qu'il y ait ces bagarres au sein de l'UMP entre Copé et Fillon. Là ils nous gênent, ils nous embêtent.»

C.D.

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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