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Le premier gouvernement de l'ère Hollande: les possibles et les probables

Slate.fr, mis à jour le 08.05.2012 à 13 h 35

Célébration de la victoire de François Hollande à la Bastille le 6 mai 2012.Charles Platiau / Reuters

Célébration de la victoire de François Hollande à la Bastille le 6 mai 2012.Charles Platiau / Reuters

Il y aura «quinze grands pôles» et autant de femmes que d'hommes dans le premier gouvernement formé sous l'ère Hollande. Voilà pour les grandes lignes. Pour le reste, le bal-paritaire des prétendants à la mise en oeuvre du changement est officiellement ouvert depuis... dimanche 6 mai à 20 heures.

Or après douze ans d'opposition, les prétendants ne manquent pas: amis de longue date, incontournables, nouveaux ralliés et jeunes talents, chacun aura-t-il sa place dans le futur gouvernement? Tour d'horizon des rumeurs, bruits de couloir, ballons d'essai, et autres tentatives de forçages de main, histoire de commencer à se rafraîchir les noms qui compteront, sans doute, dans le quinquennat à venir.

Premier ministre

Jean-Marc Ayrault a deux atouts pour coller au profil qu'a esquissé Hollande pour le poste: il connaît très bien le Parlement pour avoir été 15 ans à la tête du groupe PS à l'Assemblée, et il s'entend bien avec Hollande. C'est en plus une «nouvelle tête» pour le public, contrairement à Martine Aubry (qui est aussi citée pour prendre la tête d'un grand ministère qui regrouperait la jeunesse, l'éducation et peut-être la culture). Un temps évoquées, les hypothèses Moscovici et Valls semblent s'éloigner.

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Economie et Finances

Michel Sapin, ami de longue date de François Hollande et ancien ministre de l'Economie, fait figure de favori. Pierre Moscovici, qui a dirigé la campagne victorieuse, est également intéressé. Président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac s'est positionné tôt sur le poste.

Education

Selon l'hypothèse d'un tandem Ayrault-Aubry, l'actuelle première secrétaire du Parti socialiste pourrait être nommée ministre d'Etat et s'occuper d'un grand ministère regroupant les priorités du projet de Hollande: Education, Jeunesse et éventuellement Culture. Mais un bruit persistant place l'ex-ségoléniste Vincent Peillon en tête des favoris pour le poste.

Affaires étrangères

Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande, se voyait bien à Matignon... A défaut, les Affaires étrangères pourraient convenir à cet ancien ministre des Affaires européennes de Lionel Jospin. Mais l'ancien Premier ministre Laurent Fabius, qui a pris en charge l'international dans l'équipe de campagne de Hollande, est en embuscade... Catherine Trautmann est également citée pour un poste européen.

Intérieur

Manuel Valls, au discours «décomplexé» sur la sécurité, la laïcité, l'immigration, a un profil très compatible avec le poste. Le grand public a découvert sa détermination lors des primaires citoyennes organisées par le PS pour désigner son candidat à l'élection présidentielle.

Directeur de la communication de la campagne de François Hollande, il apparaît par ailleurs dans un sondage comme le Premier ministre qui plairait le plus aux sympathisants de droite. Spécialiste des questions de sécurité, la porte-parole de campagne de François Hollande Delphine Batho, et ex-ségoléniste, pourrait-elle lui être préférée?

Justice

Le favori est le «Monsieur Justice» de François Hollande. Président du conseil général et sénateur de l'Isère, André Vallini a dirigé le pôle justice, institutions, libertés publiques, laïcité au sein de l'équipe de campagne. François Rebsamen, en charge pour sa part du pôle Sécurité de la campagne, ne refuserait pas le poste. Tout comme Arnaud Montebourg.

Quant à la candidate écologiste et ancienne magistrate Eva Joly, elle a confié qu'elle ne pourrait refuser une telle offre. Enfin, la place ne déplairaît pas à Bertrand Delanoë, «bien qu'il s'en défende», écrit le Nouvel Observateur dans son édition spéciale.

Défense

Un article de l'agence Reuters avance le nom de Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne. Le président du Parti radical de gauche Jean-Michel Baylet serait lui aussi intéressé.

Santé

L'ex strauss-kahnien Jean-Marie Le Guen, spécialiste des questions de santé, pourrait prendre le poste.

Ecologie

La secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts Cécile Duflot a eu l'intelligence de laisser à Eva Joly l'honneur de se planter à la présidentielle. Elle vient d'annoncer qu'elle quitterait la direction du parti après les législatives...

Affaires sociales

Marisol Touraine, présidente du conseil général d'Indre-et-Loire, a été en charge du pôle social de François Hollande. Ce qui fait d'elle une candidate «en lice pour le ministère des Affaires sociales, voire de l'emploi», écrivait Le Monde à la veille du second tour.

Economie numérique

Fleur Pellerin, ancienne présidente du club XXIe siècle, qui promeut la diversité, a rapidement conquis les médias par son look rock'n roll. Celle qui a connu des moments un peu difficiles à la tête du pôle numérique de François Hollande s'est défendue d'être là parce qu'elle est «une femme ou parce qu'[elle a] les yeux bridés». Elle pourrait prendre la tête d'un ministère de l'Economie numérique.

Culture

La responsable du pôle thématique culture et audiovisuel Aurelie Filippetti, ancienne de la campagne 2007 de Ségolène Royal comme Najat Vallaud-Belkacem et Delphine Batho, pourrait atterrir au ministère de la Culture.

Egalité des Chances, Jeunesse

Najat Vallaud-Belkacem est la grande découverte médiatique de la campagne. Cette Franco-marocaine a enchaîné les couvertures des magazines qui se sont pris de passion pour elle depuis qu'elle est devenue porte-parole du candidat.

Spécialiste des nouvelles questions de société comme les droits LGBT, la bioéthique ou le mariage gay, elle pourrait prendre la tête d'un ministère des questions sociétales ou de l'égalité des chances... même si, tout comme Fleur Pellerin, originaire de Corée du Sud, elle semble consciente des limites du rôle de caution diversité qu'avait réservé Nicolas Sarkozy aux «stars déchues de la droite»...Valérie Fourneyron, médécin spécialiste du sport, pourrait succéder à David Douillet.

Sont aussi cités

Selon Acteurs publics, Alain Rousset, un «hollandais enthousiaste», pourrait être nommé à la tête d’un ministère de la Réindustrialisation. Le nom d'Adeline Hazan, une magistrate ancienne présidente du Syndicat de la magistrature et proche d'Aubry, est parfois cité. Les noms de Bruno Le Roux, Bernard Cazeneuve, ou Michel Destot sont aussi évoqués pour la Ville, la Défense, et la Recherche.

Lot de consolation

Si les deux responsables socialistes Harlem Désir et Jean-Christophe Cambadélis ne sont pas entrés dans le bal des prétendants, c'est parce qu'ils sont occupés ailleurs: ils convoitent tous les deux la direction du PS, qui sera libérée par Martine Aubry si elle entre au gouvernement...

A l'Elysée

Selon Les Echos, Emmanuel Macron, actuellement associé-gérant chez Rothschild, pourrait accéder au poste de secrétaire général adjoint de l'Elysée. Au dessus de lui, Pierre-René Lemas, un ancient camarade de promo de Hollande à l’ENA, tient la corde. On parle aussi de Jean-Pierre Jouyet, directeur de l'Autorité des marchés financiers, pour rejoindre l’équipe du Château, en charge des questions européennes. On parle aussi du directeur général de l'OMC, Pascal Lamy.

Sont aussi dans les papiers Aquilino Morelle, le directeur de la campagne de Montebourg pendant les primaires et plume de Hollande, et Faouzi Lamdaoui, le chef de cabinet de François Hollande.

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