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Victoire de François Hollande: «Je mesure l'honneur qui m'est fait»

Slate.fr, mis à jour le 07.05.2012 à 11 h 30

François Hollande, à Tulle le 6 mai 2012. PHILIPPE DESMAZES / AFP

François Hollande, à Tulle le 6 mai 2012. PHILIPPE DESMAZES / AFP

François Hollande a pris la parole, peu avant 21h30, ce dimanche soir à Tulle, en Corrèze. Devant la foule de militants, il a prononcé son premier discours de président élu:

«Mes chers concitoyens, les Français en ce 6 mai viennent de choisir le changement en me portant à la présidence de la République.

Je mesure l'honneur qui m'est fait et la tâche qui m'attend. Devant vous je m'engage à servir mon pays avec le dévouement et l'exemplarité que requiert cette fonction. J'en sais les exigences et à ce titre j'adresse un salut républicain à Nicolas Sarkozy qui a dirigé la France pendant cinq ans et qui mérite à ce titre tout notre respect.

Beaucoup attendaient ce moment depuis de longues années, d'autres plus jeunes ne l'avaient jamais connu. Certains avaient eu tant de déceptions, les mêmes tant de souvenirs cruels, je suis fier d'avoir été capable de redonner espoir. J'imagine ce soir leur émotion je la partage, je la ressens, mais cette émotion doit être celle de la fierté, de la dignité, de la responsabilité. Le changement que je vous propose, il doit être à la hauteur de la France. Il commence maintenant.

Aux électeurs, et ils sont nombreux, qui ne m’ont pas accordé leurs suffrages, qu’ils sachent bien que je respecte leurs convictions et que je serai le président de tous. Ce soir, il n’y a pas deux France qui se font face. Il n’y a qu’une seule France, qu’une seule nation réunie dans le même destin. Chacune et chacun en France, dans la République, sera traité à égalité de droits et de devoirs.

Aucun enfant de la République ne sera laissé de côté, abandonné, discriminé, et la promesse de la réussite sera honorée, pour l’accomplissement, pour chacun, pour sa vie et pour son destin personnel. Trop de fractures, trop de blessures, trop de ruptures, trop de coupures ont pu séparer nos concitoyens. C’en est fini.

Le premier devoir du président de la République, c'est de rassembler et d'associer chaque Français aux devoirs qui nous attendent. Et ils sont lourds: la préservation de notre modèlel social pour assurer à tous le même accès aux services publics, l'égalité entre nos territoires –je pense aux quartiers de nos villes et aux départements ruraux. La priorité éducative, l'école de la République qui sera mon engagement, la réorientation de l'Europe pour l'emploi, pour la croissance, pour l'avenir. Aujourd'hui même où les Français m'ont investi président de la République, je demande à être jugé sur deux engagemenst majeurs: la justice et la jeunesse.

Est-ce juste? Et est-ce vraiment pour la jeunesse? Et quand, au terme de mon mandat, je regarderai à mon tour ce que j'aurai fait pour mon pays, je ne me poserai que ces questions: est-ce que j'ai avancé la cause de l'égalité? Et est-ce que j'ai permis à la nouvelle génération de prendre toute sa place au sein de la République?

J'ai confiance en la France. Je la connais bien.

J'ai pu mesurer toutes les forces de notre pays, je nous sais capable de nous redresser.

Les valeurs de la République: la liberté, l'égalité, la fraternité, la dignité humaine, l'égalité aussi entre les hommes et les femmes, la laïcité, c'est autant de leviers pour me permettre d'accomplir la mission qui est la mienne.»

***

«Aujourd’hui même, responsable de l’avenir de notre pays, je mesure aussi que l’Europe nous regarde et au moment où le résultat a été proclamé, je suis sûr que dans bien des pays européens ça a été un soulagement, un espoir, l’idée que enfin l’austérité ne pouvait plus être une fatalité.

Et c’est la mission qui désormais est la mienne, de donner à la construction européenne une dimension de croissance, d’emploi, de prospérité. Et c’est ce que je dirai le plus tôt possible à nos partenaires européens et particulièrement à l’Allemagne en raison de l’amitié qui nous unit.

Nous ne sommes pas n’importe quel pays de la planète, n’importe quelle nation du monde. Nous sommes la France, et président de la République il m’incombera de porter les aspirations qui sont celles de la France: la paix, le respect, la capacité de donner aux peuples aussi le droit de s’émanciper de la dictature, tout ce que je ferai sera aussi au nom des valeurs de la République partout dans le monde.

Le 6 mai sera une grande date pour notre pays, un nouveau départ pour l’Europe, une nouvelle espérance pour le monde.

Le mandat que vous m’avez confié, il est beau, il est grand, il est lourd.

J’aime mon pays, j’aime les Français et je veux qu’entre nous il y ait cette relation, celle qui permet tout et qui s’appelle la confiance.»

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